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page 27 - Numéro 321 du 19 juillet 2013
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
T
andis que le prix de vente
des médicaments nécessi-
tant une ordonnance est le
même sur tout le territoire, celui des
médicaments non remboursés par
l'Assurance maladie et disponibles
sans ordonnance, est fixé librement
par les laboratoires et, par voie de
conséquence, par les pharmaciens.
Ainsi, les prix peuvent varier, d'une
officine à l'autre, du simple au
double et, parfois, nettement plus,
jusqu'à 4 fois pour certaines spéciali-
tés.
L'Autorité de la concurrence, en
constatant l'exposition du public, par
manque d'information, à des abus
manifestes, alors que l'automédica-
tion est en développement constant,
prône la vente des médicaments
disponibles sans ordonnance, en
dehors des pharmaciens.
Elle a constaté à l'occasion de son
enquête, que d'une manière géné-
rale, la vente des médicaments est
soumise à des points de blocage qui
empêchent une véritable baisse du
prix des médicaments en France.
Elle a mené une première enquête
sur l'ensemble de la filière, du fabri-
cant à la commercialisation, qui
montre qu'un certain nombre de
pratiques de la part de laboratoires
pharmaceutiques sont susceptibles
de constituer des freins à la baisse
des prix des médicaments.
Ils peuvent ainsi freiner l'arrivée de
médicaments génériques sur le mar-
ché, qui sont pourtant en moyenne
60 % moins chère que le médica-
ment princeps, même si les assurés
n'en bénéficient jamais pleinement.
Pour revenir aux médicaments non
remboursés, l'ouverture du marché
pourrait entrainer, en dehors des
prix abusifs, à une baisse moyenne
de 25 %, si l'on se réfère à ce qui
s'est passé, par exemple, en Italie.
Or, la France fait partie en Europe,
avec la Belgique et l'Espagne des
derniers pays à refuser de briser le
monopole des pharmaciens.
L'Autorité de la concurrence s'inter-
roge aussi sur le refus de certains
laboratoires de passer par des inter-
médiaires, en se demandant s'il ne
s'agit pas d'empêcher toute baisse
des prix.
Elle procède jusqu'au 16 septembre
à consultation publique sur ce dos-
sier et compte donner son avis avant
la fin de l'année.
Pour les laboratoires et pour les offi-
cines, il y a de quoi craindre pour
leur poule aux œufs d'or.
En Bref - En Bref - En Bref
Dès la Moyen-Age, la profession d'apo-
thicaire se constitue en corporations. Le
25 avril 1777, une déclaration royale
considère la Pharmacie comme « art
précieux à l’humanité », avec la création
du « Collège de Pharmacie » ( futur Aca-
démie nationale de pharmacie), indé-
pendant de la corporation des apothi-
caires.
Nouvelle mise en cause
du monopole des pharmaciens