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page 35 - Numéro 321 du 19 juillet 2013
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
Pour 2013, le hit parade « vraisem-
blance » comprend l’élargissement des
disparités économiques, les divergences
chroniques de fiscalité, la croissance des
émissions de gaz à effet de serre, et la
mauvaise gestion de la problématique
de la population vieillissante ; tandis que
le hit parade « impact » est faillite systé-
mique du système financier mondial,
insuffisances de ressources en eau
douce, les divergences chroniques de
fiscalité, le manque de nourriture pour
la population en croissance, diffusion
des armes de destruction massives.
Mais finalement, cette liste contient-elle
le prochain « cygne noir » dont M. Teh
envisage l’origine dans divers phéno-
mènes qui agitent les esprits sans que
des actions soient entreprises pour en
mesurer l’impact possible, et encore
moins les contrôler ; il s’agit de :
La dérive exponentielle des média
sociaux
Les risques politiques entrainés par
une faillite gouvernementale
La survenance de guerres régionales
non prévisibles
L’évolution du climat et le réchauffe-
ment de la planète
Défaillance catastrophique d’équipe-
ments technologiques critiques
Pandémie générée par une maladie
mortelle.
M. Teh constate ensuite que de nom-
breux facteurs se conjuguent pour que
les acteurs économiques ignorent ces
risques émergents.
En effet les responsables politiques ou
économiques :
sous estiment ces risques, tant au
niveau de leur impact que de leur
vélocité, sans compter les corréla-
tions avec les autres risques,
manquent de profondeur dans leur
vision prospective,
sont plus sensibles aux risques dont
le coût est certain (probabilité forte
et impact faible) plutôt qu’à ceux qui
pourraient être très lourds mais sont
finalement
« peu »
probables
(impact lourd mais probabilité
faible),
manquent de ressources pour les
affecter à cette catégorie « peu pro-
bable »,
sont insuffisamment préparés à com-
prendre les problématiques liées au
commerce transfrontalier,
sous estiment le besoin de com-
prendre et de respecter dans chaque
région la culture locale et la règle-
mentation spécifique, et
n’analysent pas assez la stabilité poli-
tique des pays où ils opèrent, et les
changements qui se dessinent au
niveau socio-politico-économique.
Si on résume les dirigeants sont plus
confortables avec l’idée de poursuivre
leurs activités avec un statu quo suppo-
sé plutôt que d’embrasser le change-
ment.
Mais M. Teh poursuit ses conseils en
proposant une approche en cinq étapes
pour gérer les « risques spéciaux » :
ETAPE 1
– Définir des objectifs straté-
giques clairs
Sous-tendus par une déclaration de
mission et une vision qui fasse sens
Implique l’ensemble des personnels
de tous niveaux.
ETAPE2
– Identifier les risques émer-
gents ayant un impact sur les objectifs
stratégiques
Les classer
Vérifier si leur impact est sur les ob-
jectifs à court ou à long terme
Garder une approche holistique
ETAPE 3
– Evaluer l’impact et la proba-
bilité de ces risques
Analyser les impacts au travers de
scénarios et des issues possibles
Prendre en compte les corrélations
et les interconnections entre les
risques
Faire appel aux experts en tant que
de besoin
ETAPE 4
– Définir des plans de réponse
appropriés
prenant en compte l’appétit de
risques
incluant les plans de continuités
envisageant des stratégies collabora-
tives avec des parties externes.
ETAPE 5
– Surveillance des risques
revoir les besoins en ressources
incruster la conscience des risques et
les leçons apprises
incorporer les indicateurs clés
Et en conclusion M. Teh interroge les
participants, comme il doit interpeller
ses clients, avec cette remarque :
« Si
vous aviez su dès 2008 ce que vous sa-
vez
aujourd’hui,
auriez-vous
pris
d’autres décisions pour la conduit de vos
activités ? »
Quel rôle pour les assurances
dans le cadre d’une approche
stratégique de la gestion des
risques ?
L’intervention du risk manager de la
principale entreprise néo-zélandaise
était attendue avec impatience. Premier
exportateur mondial de produits laitier,
FONTERRA est une coopérative qui
compte dix mille cinq cents fermiers
adhérents, et John Pierce peut être vu
comme le risk-manager de chacun des
coopérateurs !
La société représente 25% des exporta-
tions du pays et contribue à 4% de son
PNB. Un site de production à lui seul en
représente 2% ! FONTERRA est présente
sous une forme ou une autre dans 140
pays. Elle compte 57 sites de produc-
tion, dont 32 en Nouvelle-Zélande et 11
en Australie.
Lors de la conférence, John Pierce avait
la tâche de montrer la pertinence de
l’achat d’assurance dans le cadre d’une
approche stratégique de la gestion des
risques. Il a articulé sa présentation au-
tour de 4 questions :
Qu’est ce que la gestion
des
risques ?
1. Des objectifs définis clairement et
mesurables, à un horizon temporel
défini.
2. Un processus pour identifier les
risques qui pourraient avoir un im-
pact sur ses objectifs.
(Suite de la page 34)
(Suite page 36)