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page 37 - Numéro 321 du 19 juillet 2013
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Reportage
santes et trop souvent mal identifiées.
Le réveil des entreprises a surement été
aidé par les exigences des réassureurs
qui ont clairement indiqué qu’ils n’offri-
raient plus de couverture pour les entre-
prises qui n‘auraient pas fait leur travail
de diagnostic approfondi pour identifier
les nœuds de leur réseau et les solutions
à mettre en place pour les rendre plus
solides.
Dans ce cadre les couvertures de ces
risque par les assurances sont un volet
important, et dans beaucoup de pays
insuffisant.
La nature catastrophique des événe-
ments joint à la concentration des dom-
mages rend pratiquement impossible de
trouver des solutions purement privées
et dans la plupart des systèmes ou pools
existants les états interviennent plus ou
moins lourdement.
On notera qu’en ce qui concerne la
Thaïlande dont un des orateurs était
citoyen, plus d’un million de contrats
d’assurance catastrophe ont été émises
au cours des deux derniers mois.
Le fond national Thaïlandais(2) a connu
une croissance soutenue au cours de la
période.
Il a été mis en place à la suite des inon-
dations catastrophiques de l’année 2011
pour permettre aux habitants d’avoir
accès à une couverture des événements
naturels dans des conditions écono-
miques supportables.
Entre le 28 mars 2012 et le 24 mai 2013,
un total de 1 017 419 contrats avec été
vendues. Parmi celles-ci 992 1992 sont
en vigueur actuellement représentant
environ 1,3 Milliard € en réassurance en
quote-part et 1,1 Million € en excédent
de sinistres.
Le président du NCIF a indiqué que le
fond avait joué en rôle significatif pour
remettre l’industrie du pays sur ses rails
beaucoup plus rapidement qu’il n’avait
été initialement imaginé.
Le NCIF a joué également un rôle de
catalyseur pour la mise en place de ges-
tion des risques au travers des méca-
nismes d’assurance te de réassurance,
et cela a également renforcé la con-
fiance des investisseurs étrangers qui
travaillent avec ou en Thaïlande.
Juliette Gelpi, risk manager Asie/
Pacifique pour Schneider Electric et ad-
ministrateur de PARIMA(3) a fait échos
aux remarques du Directeur des Assu-
rances de Bayer sur les limites de l'assu-
rance mais aussi soulevé un point sup-
plémentaire sur lequel les risk-managers
présents ont marqué leur accord.
Le regret que, alors que les souscrip-
teurs soient de plus en plus exigeants en
matière d’information sur les activités,
sur les historiques mais également sur
les évaluations des vulnérabilités fu-
tures, les risk-managers n’ont d’autre
retour qu’un refus, ou une acceptation
avec un taux et des conditions, sans
aucune motivation dans les deux cas.
L’accès à cette banque de données
pourrait se révéler très utiles aux assu-
rés.
En fait, sans doute, pour des raisons de
confidentialité serait-il difficile aux assu-
reurs et courtiers de partager leurs in-
formations qui peuvent toucher des
concurrents.
C’est pourquoi il faut trouver une autre
solution sur une base de volontariat où
les entreprises pourraient enregistrer
dans des cellules étanches d’une base
de données ouvertes et selon un format
défini l’ensemble des informations sur
leurs risques permettant à un opérateur
indépendant de les utiliser sur une plate
-forme « analytics » pour en tirer des
informations ou conduire à la demande
des adhérents des recherches spéci-
fiques, tout en garantissant à chacun
l’anonymat de ses données.
C’est le cœur de qui pourrait s’appeler la
gestion des risques de 3
ème
génération,
la gestion des risques collaborative…
Mais c’est une autre histoire sur laquelle
nous reviendrons.
Alors que conclure de ces deux jours de
débat auquel je participais avec un œil
externe même si mes fréquentes visites
en Asie et mes nombreux contacts sur le
continent me donne une compréhen-
sion meilleure des enjeux de la gestion
des risques en Australasie ?
Il serait trop long de dresser une liste
exhaustive ici mais l’essentiel est que la
gestion des risques est en pleine ascen-
sion en Asie, dans l’esprit de tous et
dans les agendas des dirigeants d’entre-
prise.
Toutefois, elle reste encore dans une
phase d’adolescent rebelle à l’égard de
l’assurance pour n’avoir pas encore pu
couper vraiment le cordon ombilical.
C’est une question de maturité et la
référence croissante à l’ERM et au stan-
dard ISO 31000 augure bien de l’évolu-
tion si la profession sait attirer les ta-
lents dont elle a besoin.
Toutefois, il reste un risque déjà en par-
tie provoqué par SOX, et c’est que les
dirigeants ne voient dans la gestion des
risques qu’une conformité de plus, et
non pas l’instrument de la performance,
créateur de valeur qu’elle peut être si
une véritable compétence en gestion
des risques est greffée sur la culture
d’entreprise.
Bien sur cela passera par la formation
initiale et continue, mais le simple pla-
cage de solutions européennes ou amé-
ricaines ne suffira pas.
Il est indispensable que sans réinventer
la roue, les associations locales et les
organismes de tutelle sachent susciter
les filières qui embrasseront les cultures
locales pour qu’en Asie aussi la gestion
des risques devienne l’affaire de tous.
En effet, les consultants et expatriés
doivent garder à l’esprit que s’ils ont les
questions, elles se retrouvent au niveau
international, seuls les professionnels
issus des cultures locales peuvent trou-
ver les solutions appropriées à leurs
compatriotes, en gardant à l’esprit que
les pays et les nations d’Asie sont au
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