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page 33 - Numéro 321 du 19 juillet 2013
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Reportage
existe de nombreux trous de garanties
de qui implique que les professionnels
soient vigilants sur les textes des con-
trats.
En revanche, la situation se complique
largement au niveau des capacités. En
dommages et PE par exemple Bayer
aurait besoin de 2 Milliards € mais le
marché ne propose que la moitié.
En RC Produit, sur les garanties spéciales
où il faudrait 5 Milliards, le marché
n’offre qu’une situation similaire sur les
atteintes à l’environnement.
Quant aux risques spécifiques évoqués
ci-dessus, le 5 milliards € de vulnérabili-
té ne trouvent aucun marché de trans-
fert.
La perspective dans laquelle se place
Gregor est d’une concentration crois-
sante dans les industries majeures. Res-
tera-t-il 7 opérateurs au niveau du pé-
trole à horizon 2020 ?
Et combien seront-ils dans l’automobile,
l’alimentaire, l’acier, la chimie et la phar-
macie ?
Si le mouvement de consolidation se
poursuit, voire s’accélère, les méga
groupes ainsi constitués vont avoir des
besoins considérables.
En effet si leur profitabilité connait une
croissance alimentée par ces fusions,
dans le même temps les sinistres poten-
tiels deviennent gigantesques.
Les assureurs ont donc une opportunité
significative s’ils peuvent mobiliser les
capitaux qui leur permettront de suivre
des groupes dans leurs besoins de cou-
verture.
Et Gregor résume ainsi les chantiers
ouverts pour les assureurs :
Accroitre les capacités pour les solu-
tions existantes,
Imaginer des couvertures innovantes
pour des risques aujourd’hui réputés
« non assurables »,
Entreprendre une réingénierie au
niveau des processus pour tirer un
maximum d’avantages des progrès
de l’informatique et des plates-
formes « analytics »,
Mettre en œuvre Solvency 2 en en
tirant avantage pour renforcer la
résilience des groupes d’assurance,
et
Revoir les circuits de distribution
pour l’avenir de façon à éviter les
doublons et d’obtenir l’efficacité de
rapports directs entre l’assuré et
l’assureur, mais c’est sans doute une
longue tradition en Allemagne et il
n’est pas sur qu’elle soit culturelle-
ment transposable dans les marché
traditionnels de courtage.
Comment construire un mar-
ché des risques spéciaux ?
Citoyen bermudien et ayant participé au
développement qu’à connu le marché
de son pays, David Cabral a dressé le
tableau d’un succès.
Toutefois, David ne conseille pas néces-
sairement à Singapour d’aller chercher
des leçons car il pense que les Bermudes
ont bénéficié de circonstances favo-
rables sur lesquelles les gouvernements
ont surfés sans vraiment les maitriser.
Cela dit il faut tout de même dresser la
liste des atouts des Bermudes :
1. La réglementation et la fiscalité sont
des facteurs importants pour inciter
des assureurs et des réassureurs à se
domicilier dans un état donné. Les
principaux avantages
- Procédure d’agrément rapide,
- Pas d’impôt sur les sociétés,
2. Règlementation moins tatillonne que
dans les principaux pays concurrents,
Etats-Unis et Grande-Bretagne.
3. La réglementation des institutions
financières qui réduit le risque systé-
mique, décourage la fraude, encou-
rage la protection des consomma-
teurs, et ainsi renforce la confiance
dans le système financier.
4. L’absence de secret bancaire et une
politique de coopération dans le
cadre des enquêtes règlementaires
ou criminelles légitimes.
5. L’éventail des produits conçus spéci-
fiquement pour gérer les risques et
procurer des protections de réassu-
rance.
6. Les talents et l’expérience du capital
intellectuel soutenu par une forte
infrastructure.
7. La stabilité et la solidité financière de
la place.
Pour autant la route n’a pas été sans
cahot…Pendant un quart de siècle de
1960 à 1984, les captives qui se sont
implantées et développées ont attiré
avec elles des capacités de réassurance
et les Bermudes sont devenues une
place de marché de taille internationale,
encore renforcée par l’autorisation don-
née au captives de souscrire des risques
de tiers.
Et puis tout s’est effondré avec l’implo-
sion de la spirale LMX avec un véritable
jeu de poker menteur où tous les partici-
pants à Londres et aux Bermudes se
sont brûlés.
Le résultat a été la fin de la souscription
de risques de tiers au niveau des cap-
tives, sans compter les pertes que les
propriétaires ont du inscrire à leurs
propres bilans !
Tout cela s’est traduit par une contrac-
tion considérable de la capacité de sous-
cription.
Sur cette base consolidée, le marché est
reparti aider par l’absence de couver-
tures des mandataires sociaux aux USA,
53 entreprises américaines ont créé une
société spécifique, CODA, et ensuite ont
suivi de nouveaux modèles comme XL et
ACE dont on sait le développement
qu’elles ont connu.
Le manque de capacité a donc contribué
à l’explosion des montages captifs, poo-
ling, captives en location et cellules
étanches.
Dans un troisième temps, et surtout
depuis les événements de 2001, il y a eu
plusieurs vagues de création de sociétés
de réassurances pour répondre au be-
soin de capacité. Plus récemment, on a
vu se développer un marché de véhi-
cules (SPV) et de titres liés à l’assurance
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