page 30 - Numéro 321 du 19 juillet 2013
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Reportage
Les assureurs sont-ils équipés
pour répondre aux attentes des clients ?
Pr Jean-Paul Louisot
Le sommet des risques
spéciaux en Asie
C’était sans doute un pari difficile de
rassembler un aréopage international de
professionnels de la gestion des risques
à Singapour et encore plus de déplacer
des risk-managers de la région pour un
thème qui aurait pu paraître entière-
ment focaliser sur l’assurance. Encore
faut-il que le lecteur européen trans-
cende le titre pour lire vraiment : quel
pourrait-être le rôle des assureurs dans
le traitement des risques émergents ?
En effet si le terme de « risques spé-
ciaux » a une signification particulière
dans le monde des assurances en Eu-
rope,
et
tout
particulièrement
en
France, en Asie il s’agit plutôt de s’inter-
roger sur la capacité des assureurs à
suivre leurs clients entrepreneurs dans
des eaux non testées.
Toutefois, par delà ces « terra incogni-
ta », le risk-manager de BAYER n’a pas
mâché ses mots en soulignant que
même sur les risques traditionnellement
assurables les capacités proposées par
le marché sont dérisoires au vu des be-
soins des entreprises globales. En parti-
culier, les Fortune 500, susceptibles de
connaitre encore des consolidations,
trouvent de capacités qui n’excèdent
pas leurs capacités de rétention.
Si la situation devait perdurer, Gregor
Köhler prédit même la fin de l’assurance
industrielle.
Et il précisa : « Quand le processus de
consolidation
devient
réalité,
dans
quelques années, si les capacités des
assureurs industriels ne suivent pas les
besoins de leurs clients, ils seront tout
simplement hors jeu pour ce segment
de clientèle. »
Dans le même temps, M. Köhler sou-
ligne que les assureurs devraient aussi
être davantage proactifs en créant des
produits nouveaux et en développant les
modèles qui
leur permettraient de
rendre assurables des risques qui ne le
seraient pas. Avec un touche d’humour,
il rappela que l’automobile était inassu-
rable quand elle a commencé à circulé,
et que dire des satellites ou des jeux
olympiques.
L’avenir de l’assurance industrielle est
vraisemblablement dans ces
risques
émergents réputés
inassurables mais
pour avancer sans doute les assureurs
devraient-ils envisager sérieusement de
consacrer une partie de leur encaisse-
ment à de véritables efforts de R&D, en
rappelant que pour Bayer ce poste
atteint presque 9% du chiffre d’affaires.
Le premier orateur de ces deux jours n’a
mâché ses mots en décrivant les me-
naces qui pèsent actuellement sur l’éco-
nomie. Robin Johnson, Regional Vice
President - Distribution - AIG - Singa-
pore, a surtout brossé un tableau de
l’économie mondial laissant peut de
fenêtre pour l’optimisme.
En passant de la question de liquidités
en Chine, en revenant sur les difficultés
de la Grèce et d’une façon globale de la
zone Euro, pour souligner les mouve-
ments sociaux dans des pays aussi divers
que la Turquie et le Brésil, Robin ne pou-
vait trouver de lueurs d’espoirs qu’en
Australie et dans certaines exceptions
asiatiques.
Encore, a-t-il oublié les manœuvres poli-
tiques au sein du parti travailliste en
Australie avec le retour au pouvoir d’un
ancien premier ministre à la suite d’une
révolution de palais et à quatre mois
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