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page 27 - Numéro 310/311 du 3 mai 2013
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
S
elon une étude réalisée à
l'université Pierre Curie à
Paris, il y aurait 30 000 séro-
positif en France qui n'ont pas été
dépistés et qui constituent le réser-
voir caché qui alimente l'épidémie de
sida.
Alors qu'ils ne représentent, selon
cette étude scientifique, que 20 %
des personnes porteuses du VIH, on
estime qu'elles sont à l'origine, faute
de précautions, de 60% des contami-
nations qui se produisent chaque
année.
C'est par une méthode de rétrocalcul
que l'équipe de chercheurs a estimé,
à partir de données de surveillance
de la maladie, le nombre de per-
sonnes séropositives sans le savoir à
la fin des années 2010 et qui, une fois
détectées, pourront bénéficier d'un
traitement médical immédiat.
Pour ces personnes, l'ignorance de
leur état constitue ainsi une énorme
perte de chance de survie, alors
qu'un patient traité dans les se-
maines qui suivent son infection, a
aujourd'hui une espérance de vie
proche de celle de la population gé-
nérale, tout en conservant une
bonne qualité de vie.
Malgré les efforts déployés par les
pouvoirs publics pour systématiser le
dépistage, le délai entre l'infection
par le virus et sa découverte reste
anormalement élevé, il est de trente
sept mois en moyenne chez les ho-
mosexuels et de plus de 4 ans chez
les hétérosexuels, un retard qui reste
constant au lieu de se réduire avec le
temps qui passe.
Le dépistage précoce est un enjeu
collectif, au delà de l'intérêt pour la
santé individuelle des personnes
atteintes, en matière de prévention et
de contrôle de l'épidémie, car seules
les personnes qui sont informées de
leur séropositivité sont en mesure de
protéger leur partenaire et de limiter
tout comportement à risques.
Selon l'association Aides dépister et
traiter tous les séropositifs qui s'igno-
rent signifierait la fin de l'épidémie de
sida en deux ou trois décennies.
L'arrivée prochaine des autotests, qui
viennent d'être validés par le Comité
national d'éthique, permettra d'ac-
croître les possibilités de dépistage du
sida, en livrant un diagnostic en
trente minutes
.
L'association Aides, qui les utilise de-
puis 2010, précise qu'ils permettent
de toucher des populations éloignées
des systèmes de soins, en constatant
que ce type de dépistage a été l'ori-
gine de dix fois plus de résultat posi-
tifs que ceux des tests réalisés dans
les centres de dépistage classiques.
Encore faut-il que celui dont l'auto-
teste est positif en tire immédiate-
ment toutes les conséquences, plus
de rapports non protégés, consulta-
tion d'un centre des soins en vue
d'une toujours nécessaire confirma-
tion de sa séropositivité et suivi, s'il y
a lieu, du traitement qui lui sera pro-
digué.
L'éradication du sida est à ce prix.
Les séropositif qui s'ignorent sont dangereux