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page 17 - Numéro 310/311 du 3 mai 2013
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
L
'ONG Génération future s'ap-
prête à déposer une plainte
contre la Direction générale de
l'alimentation, la DGAL qui dépend du
ministère de l'Agriculture, pour mise
en danger d'autrui.
Elle reproche à cette administration de
ne pas avoir pris les dispositions né-
cessaires pour empêcher la mise sur le
marché de produits phytosanitaires,
malgré les avis défavorables émis par
l'Agence nationale de sécurité sani-
taire, l'Anses, dont elle avait connais-
sance.
La plainte qu'elle a annoncé vouloir
déposer concerne cinq désherbants,
dont plusieurs à des fins de jardinage
et deux insecticides, des produits tou-
jours en vente alors que l'Anses s'y
était déclaré défavorable.
Selon Génération futures ces produits
présentent des risques inacceptables,
les uns pour l'applicateur, souvent des
particuliers, et les autres pour les con-
sommateurs.
Elle fait état d'une lettre dans laquelle
le directeur de l'Anses, Marc Moru-
reux rappelait au directeur de la DGAL
les observations qu'il avait déjà formu-
lées trois ans plus tôt, en déplorant
qu'elles avaient suivies d'effets.
Il attire l'attention sur les problèmes
posés par le fait que les avis de l'Anses
n'étaient pas pris en considération par
le ministère de l'Agriculture.
Depuis cette lettre et malgré quelques
modifications une quarantaine de pes-
ticides ne seraient toujours pas en
règle.
Le ministre de l'Agriculture, Stéphan
Le Foll a fait observer qu'il s'agissait de
situations très diverses et a demandé
à la DGAL, qui dépend de son minis-
tère, de répondre point par point à
toutes les questions posées par Géné-
ration future.
Il a rappelé utilement que comme sur
tous les sujets sanitaires, la transpa-
rence est de mise, plus que dans tout
autre domaine.
Il se trouve que des dizaines de pro-
duits phytosanitaires agricoles ou do-
mestiques, comme des insecticides,
herbicides, fongicides sont autorisés
depuis plusieurs années, sans tenir
compte des alertes de l'Anses, ce qui
est à l'origine de l'atmosphère de dé-
fiance qui s'installe entre la société
civile et les pouvoir publics.
Cependant, dans ce type d'affaires,
l'administration est placée entre deux
feux.
D'un côté, il y a des ONG qui défen-
dent avec véhémence les intérêts de
leurs membres, inquiets pour leur san-
té, en s'appuyant, comme c'est le cas
ici, sur des avis émis par des agences
de sécurité sanitaire.
De l'autre côté, il y a les fabricants qui
défendent leurs produits, dans la me-
sure où ils sont indispensables aux
secteurs auxquels ils sont destinés.
Pour l'administration le choix n'est pas
facile, s'il faut interdire un produit
dangereux mais indispensable s'il n'y a
rien d'autre, à l'instant T, pour le rem-
placer.
La lutte contre l'emploi des pesticides
n'est pas gagnée
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