page 18 - Numéro 310/311 du 3 mai 2013
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Point de vue
Les assurés sociaux
paient leurs lunettes au prix fort
P
orter des lunettes, pour voir
de près ou de loin, n'est pas un
luxe, pourtant la Sécurité so-
ciale, qui est sensée prendre en
charge l'optique médicale, n'a prati-
quement pas modifié son barème de
prise en charge des verres et des mon-
tures, depuis sa création en 1946.
L'Assurance maladie rembourse en
moyenne 6 % du prix payé par l'assuré
social.
Lorsqu'un assuré doit changer de lu-
nettes, il faut qu'il passe d'abord par la
« case ophtalmologiste » pour obtenir
l'ordonnance indispensable à la prise
en charge des lunettes par l'assurance
maladie, pas tellement pour toucher
les quelques euros de son barème de
remboursement, mais parce qu'elle
conditionne, la prise en charge des
lunettes par son assurance santé com-
plémentaire.
Ouvrons la parenthèse de la consulta-
tion chez l’ophtalmologiste.
Si c'est un praticien libéral qui est gé-
néralement spécialiste à honoraires
libres, il est facile d'obtenir auprès
rapidement un rendez vous, à condi-
tion de payer, en région parisienne 70
euros la consultation.
Sinon, il faut patienter de longues se-
maines pour obtenir un rendez vous,
dans un centre de soins.
Comme 90 % des assurés sociaux bé-
néficient d'une assurance santé com-
plémentaire ou de la CMU complé-
mentaire, ils perçoivent, en plus de la
Sécurité sociale un complément
d'indemnisation en fonction d'un ba-
rème conventionnel.
Cependant, rare sont ceux dont le
coût des lunettes est totalement pris
en charge, tout simplement parce que
les lunettes coûtent trop cher.
C'est une situation, qui vient d'être
analysée par l'association de consom-
mateurs UFC-Que choisir qui pointe la
marge appliquée par les commer-
çants.
Dans la métropole, une paire de lu-
nettes revient en moyenne pour le
client à 470 euros TTC, dont une
marge de 275 euros pour l'opticien.
Depuis 2000, le nombre de magasins
d'optique à pratiquement augmenté
de 50 %, sans créer de concurrence au
bénéfice des clients.
Elle n'a pas entraîné une baisse des
prix, parce que les opticiens de quar-
tier doivent amortir leurs frais sur un
nombre restreint de ventes, alors
qu'ils subissent la concurrence des
grandes chaines, en mesure d'offre à
la clientèle une seconde paire de lu-
nettes « pour 1 euro de plus ».
La solution passe par le développe-
ment des réseaux de soins organisés
par les assureurs et par les mutuelles,
aux tarifs négociés, même si cela
passe par la fermeture d'un certain
nombre de magasins d'optique.
Le prix trop élevé des lunettes de-
vient un problème de santé public,
car les lunettes sont en France, selon
UFC- Que choisir, derrière les pro-
blèmes dentaires, la seconde cause
de renoncement aux soins.