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page 35 - Numéro 310/311 du 3 mai 2013
RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Point de vue
S
elon une étude rendue pu-
blique il y a quelques jours,
dans la revue du groupe Na-
ture Neuropharmacologie, ingérer
du cannabis thérapeutique sous
forme de comprimés par voie orale
serait plus efficace que de fumer de
la marijuana pour soulage la dou-
leur.
Cette étude a été réalisée par des
chercheurs de l’Université Columbia
de New York sur des fumeurs régu-
liers de cannabis.
Elle a porté sur des comprimés de «
dronabrinol » qui est une version
synthétique de la molécule active de
la marijuana, c'est à dire du canna-
bis, qui a retardé l'apparition de la
douleur, avec une meilleure tolé-
rance que de le fumer.
Des études avaient, dans le passé,
montré un effet positif de la marijua-
na dans le traitement de la douleur,
utilisée comme plante médicinale,
depuis l'Egypte ancienne, plus connu
sous la désignation de chanvre in-
dien.
Dès à présent, plusieurs pays euro-
péens comme les Pays-Bas, l'Es-
pagne, l'Italie, l'Allemagne et en
Amérique du Nord, le Canada et plu-
sieurs Etats américains ont déjà léga-
lisé l'usage médicinal du cannabis.
Le cannabis thérapeutique est en-
core interdit en France, mais ce re-
tard, pourrait être rattrapé rapide-
ment par nos pouvoirs publics, qui
en ont la capacité, comme ils vien-
nent d'en faire la démonstration
dans un tout autre domaine.
En attendant, le cannabis thérapeu-
tique est commercialisé en France
sous l'appellation Marinol, pour des
douleurs chroniques, dans le cadre
d'une autorisation temporaire d'utili-
sation, un ATU.
Le dronabrinol est déjà utilisé dans
les pays cités plus haut pour traiter
les nausées et les vomissements as-
sociés aux chimiothérapies, l'ano-
rexie associée au sida ou encore
pour soulager la douleur et détendre
les muscles.
Les résultats obtenus par les cher-
cheurs de l'université Columbia ont
montré que ceux qui avaient reçu du
dronabrinol, tout comme ceux qui
avaient fumé du cannabis ressen-
taient moins la douleur que ceux qui
avaient reçu des placebos lorsqu'on
leur trempait leur bras dans de l'eau
froide, à quatre degrés.
A cette occasion, le dronabrinol
s'avère plus efficace que le joint en
retardant la sensibilité à la douleur
et en augmentant la tolérance à la
douleur.
Le dronabrinol est également perçu
comme un effet d'accoutumance
moindre que de fumer des joints.
Toutes les conditions semblent être
réunies pour autoriser la mise sur le
marché des médicaments intégrant
du cannabis, sauf s'il était démontré
qu'il pouvait en être détourné, en
guise de drogue.
Le cannabis en comprimé
est classé antidouleur par
l'université Columbia de New-York