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page 26 - Numéro 342 du 24 janvier 2014
Point de vue
L’air du métro est plus pollué
par les particules fines
que l’air en surface
P
ersonne ne se fait d’illu-
sions sur la qualité de l’air
que l’on respire à Paris,
mais ce que l’on sait moins,
c’est que celui que l’on respire
dans le métro n’est pas plus
sein.
Préoccupé par l’exposition aux
risques du travail en souterrain
des agents de la RATP et de la
SNCF, l’Agence nationale de sé-
curité sanitaire de l’alimenta-
tion, de l’environnement et du
travail, l’Anses, a lancé en 2013,
une étude pour évaluer les
risques auxquels sont soumis
les agents qui travaillent dans
les enceintes souterraines de
transport et qui affectent, en
même temps les voyageurs.
Les résultats sont attendus à l’automne 2014, alors que
des travaux réalisés par Airparif et par l’Observatoire ré-
gional de santé, l’ORS ont révélé, dès 2009, une présence
importante de particules fines dans l’enceinte du métro,
qui y est jusqu’à quatre fois plus forte qu’à l’extérieur.
On retrouve dans le métro les mêmes polluants qu’à l’ex-
térieur, à l’exception de l’ozone qui n’y se propage pas et
il y a moins de CO2, issu du trafic automobile.
Par contre, les concentrations en particules fines, PM 10,
y sont sensiblement plus importantes bien au-delà de
la norme de l’Organisation mondiale de la santé, qui est
de 50 microgrammes par mètre cube d’air mesuré en 24
heures.
Or, la présence de ces particules sur les quais du métro
peut atteindre 200 microgrammes par mètre-cube et plus
de 500 sur les quais du RER, en 24 heures.
Si les polluants proviennent de l’air extérieur, qui s’en-
gouffre dans le métro par les portes et par les bouches
d’aération, les particules fines que l’on y relève, pro-
viennent du métro lui-même.
Elles se créent lors du freinage qui donne lieu à des frot-
tements intenses, accentué par l’usure des rails et du bal-
last.
Les travaux entrepris à la station Franklin Roosevelt sur
la ligne 1 montrent la voie à suivre, notamment en ce qui
concerne la ventilation, en entrainant une baisse de 60%
des teneurs en PM 10.
Cependant, le résultat à atteindre résultera principale-
ment de la mise en service d’un nouveau type de matériel
roulant.
A cet égard, il faut savoir que le renouvellement des
rames a été entamé sur les lignes 1,2, 4 et 5. Il devrait
être réalisé, dans sa totalité d’ici 2025, pour conduire à la
modernisation du réseau ferré parisien.
Ce sont les progrès réalisés dans la fabrication des rames
qui seront décisifs, par la réduction de près de 30% des
émissions de particules, dues au phénomène d’abrasion
au freinage.