n°342 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 24 janvier 2014 - page 35

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- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 35 - Numéro 342 du 24 janvier 2014
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Point de vue
Une enquête sur la fin de vie en Ehpad
qui donne la chair de poule
L
a France n’a pas de structures d’accueil pour ses ai-
nés dépendants, qui doivent se débrouiller avec l’aide
de personnel appointé, de proches et d’associations
caritatives, sauf à pouvoir réunir près de 3 500 euros par
mois, le minimum à débourser, pour un placement en
Ehpad, les maisons de retraite médicalisé pour personnes
âgées.
Mais pour quel confort, en fin de vie ?
Chaque année, 90 000 personnes âgées meurent dans un
Ehpad, ce qui donne une idée du nombre de personnes
dépendantes qui veulent et qui peuvent bénéficier de ce
type de structure d’accueil.
Le manque d’argent y compte pour beaucoup, car la 5ème
branche de la Sécurité sociale, annoncée par les gouver-
nements successifs et qui y ont tous renoncé, faute de
financement.
La future loi sur la prise en charge de la dépendance, si
elle était votée rapidement, risque de suivre le même
sort, sauf à reprendre l’allocation publique de quelques
centaines d’euros mensuels, qui ne permet pas de finan-
cer un séjour en Ehpad.
La seule aide efficace qui existe est la prise en charge
par l’Assurance maladie des frais de santé des personnes
âgées, puis leur accueil en fin de vie par l’Assistance pu-
blique, pour les faire bénéficier, dans la mesure du pos-
sible des soins palliatifs, dans le cadre de la loi Leonetti
de 2005.
On sait que les Français ne veulent pas entendre parler
d’un placement en maison de retraite, tant qu’ils ont la
force de rester chez eux, car leur seule évocation fait peur
et non sans raison.
On ne peut pas leur donner tort en prenant connaissance
d’une enquête que de l’Observatoire de la fin de vie a
menée dans les Ehpad, sur les conditions de vie de leurs
résidents en fin de vie.
Si globalement l’accompagnement n’a rien de catastro-
phique, il ressort de l’enquête une très grande inégalité,
selon le lieu d’accueil, lors des derniers jours de vie.
Ils sont trop souvent marqués par des symptômes d’in-
confort et une grande fragilité psychologique, loin de l’ob-
jectif des soins palliatif, dont tout le monde devrait pou-
voir bénéficier en France.
Il ressort de l’enquête que 25 % des Ehpad n’ont pas de
lien avec une équipe de soins palliatifs, que ce soit avec
une équipe mobile, avec un réseau, ou avec une unité
dans un hôpital.
Seuls 8 % font appel à des équipes d’hospitalisation à do-
micile, dans des situations de fin de vie.
De plus, dans 29 % des établissements, les patients en
fin de vie ne disposent pas systématiquement d’une
chambre individuelle et dans 5%, une telle possibilité
n’existe même pas.
Seuls 14 % des Ehpad disposent de personnel infirmier de
nuit et dans 75 % de ces cas, aucune astreinte télépho-
nique n’est mise en place pour joindre un infirmier, si la
situation l’exige.
Dans ces conditions, seuls 15,7 % des résidents sont hos-
pitalisés en urgence au cours de leurs 15 derniers jours de
vie, alors qu’un quart des résidents sont, selon l’enquête,
dans un réel inconfort physique au cours de leur dernière
semaine de vie.
A chacun de conclure.
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