n°342 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 24 janvier 2014 - page 20

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page 20 - Numéro 342 du 24 janvier 2014
Point de vue
C’est reparti pour un nouveau texte sur la fin de vie
C
onformément aux engage-
ments du candidat François
Hollande, depuis élut Pré-
sident de la République, la ministre
de la Santé, Marisol Touraine a
été chargée de mener des consul-
tations en vue de la mise au point
d’un nouveau texte sur la fin de vie.
Voici donc revenu, plus vite que
prévu, le retour du thème de l’eu-
thanasie, que François Hollande
souhaite voir régler, dans un cadre
strict, permettant à une personne
atteinte d’une maladie incurable de
demander une assistance médicale,
pour terminer sa vie dans la dignité.
Le fait de pouvoir demander, dans
un cadre légal une assistance mé-
dicale pour terminer sa vie, évite le recours au suicide,
avec ou sans l’assistance d’un tiers, qui reste un acte de
désespoir, auquel son auteur ne devrait plus être acculé.
Rappelons qu’un panel de citoyens, constitué à la de-
mande du chef de l’Etat, par le Comité consultatif natio-
nal d’éthique, l’avait recommandé en décembre dernier.
Si cette solution était retenue, il resterait à préciser l’éten-
due de la maladie incurable à prendre en considération,
faut-il la limiter aux souffrances physiques où prendre en
considération les souffrances psychiques, parfois plus in-
supportables pour le malade que les premières.
La mission confiée à Marisol Touraine est de mener les
consultations les plus larges possibles, pour qu’un texte
de loi satisfaisant sur la fin de vie puisse être soumis à
l’approbation du Parlement, avant la fin de l’année.
Le tout est de se mettre d’accord sur le terme « satisfai-
sant » sur lequel, les avis sont nécessairement partagés.
L’objectif est d’améliorer la loi Leonetti de 2005, qui avait
instauré un droit « au laisser mourir » en mettant fin à
l’acharnement thérapeutiques, de rigueur à l’époque,
que chaque médecin est en droit d’appliquer selon la
conception de son rôle, prolonger la vie de son patient,
ou mettre fin à ses souffrances, même au risque de l’abré-
ger.
La loi de 2005 a été aussi loin que possible, dans le
contexte de l’époque, mais son promoteur n’a pas voulu,
ou n’a pas pu toucher au Code pénal.
La solution aurait constitué d’y introduire une exception
appropriée au crime d’homicide volontaire pour mettre
le corps médical à l’abri de poursuite pénales, diligentés à
la demande d’un proche du défunt.
La loi Leonetti a à son actif la promotion des soins pallia-
tifs, qui sont, de facto, pour certains, la meilleure réponse
à apporter aux demandes d’euthanasie, quelle qu’en soit
la forme.
Il reste à doter les soins palliatifs des moyens nécessaires,
pour les mettre à la portée des patients, sur tout le ter-
ritoire, pour que l’euthanasie, autorisée ou non, puisse
devenir l’exception, ce qui, malheureusement, n’est pas
encore le cas.
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