n°342 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 24 janvier 2014 - page 24

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page 24 - Numéro 342 du 24 janvier 2014
Point de vue
Les Français ne sont pas, actuellement,
favorables à la dépénalisation du cannabis
S
elon l’institut CSA, qui a posé
la question dans le cadre d’un
sondage plus général fin no-
vembre 2013, 55% des sondés
jugent négativement la dépénalisa-
tion de la consommation cannabis,
contre 19 % qui y sont favorables.
Certaines personnes consultées
doivent confondre la dépénalisation
avec mise en vente libre, comme
l’alcool et le tabac, ce qui n’est pas
la même chose, mais un pas signi-
ficatif en direction des consomma-
teurs.
Selon une enquête de l’Observa-
toire français des drogues et des
toxicomanies, qui lui consacre son
enquête périodique Eropp, ils étaient 85 % en 2008 a être
opposé à la mise en vente libre du cannabis, mais il ne
sont plus que 78 % en 2012, soit 4 ans plus tard, ce qui est
significatif d’une évolution en marche.
Pendant ce temps, la France détient le titre de cham-
pionne européenne de la consommation chez les adoles-
cents, en sachant qu’en 2011, 24 % des jeunes de 16 ans
fumaient un joint au moins une fois par mois.
Tout dépend de la manière dont la question pose est
formulée, ainsi 60 % des sondés se disent favorables à
une autorisation de fumer sous certaines conditions et
44 % des Français estiment que l’interdiction du cannabis
constitue une atteinte à la liberté individuelle, ce qui fait
qu’ils y sont moins hostiles qu’ils ne le disent.
En fait, les fumeurs ne risquent pratiquement rien, car
ceux qui passent en correctionnelle sont ceux soupçon-
nés de participer à un trafic, généralement pour financer
leur propre consommation, en revendant, avec profit,
une partie de ce qu’ils achètent, mais c’est du trafic.
Ils sont – le plus souvent - condamnés à des peines de pri-
son avec sursis, mais en étant fiché, avec une inscription
sur leur casier judiciaire, alors gare à la récidive.
Le gouvernement est favorable au statut quo en matière
d’évolution de la législation, alors que pour certains mi-
nistres, favorables à la dépénalisation, le problème mé-
rite débat.
Des pays ont autorisé le cannabis thérapeutique, qui
ouvre la voie à sa légalisation à titre récréatif, comme aux
Etats-Unis, tout au moins déjà dans deux Etats.
La France vient d’autoriser la mise sur le marché, sous
conditions strictement restrictives du Sativex, une spé-
cialité à base de cannabis, destinée à la lutte contre la
douleur, au moment où l’Académie de médecine, qui y
est défavorable alerte sur les risques de dépendance in-
hérents à sa consommation.
Il y a aussi des objectifs économiques, car la lutte contre
le cannabis coûte cher à la collectivité, alors que la léga-
lisation permettrait de dégager de nouvelles taxes sur les
ventes, comme sur l’alcool et le tabac.
Sans vouloir jouer au prévisionniste, il semble probable
que la voie à la légalisation du cannabis est ouverte, même
en France et que ce n’est qu’une question de temps.
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