RiskAssur-hebdo
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page 18 - Numéro 342 du 24 janvier 2014
Point de vue
Le burn-out et ses conséquences
L
e burn-out est la conséquence d’un surin-
vestissement personnel au travail. D’après
Securex, acteur majeur de la gestion de ca-
pital humain, 57% des français seraient stres-
sés, dans le cadre de leur activité profession-
nelle.
Le burn-out peut toucher toutes les professions
et non pas uniquement les professions médi-
cales, où il fut identifié au début des années 70.
Sans doute en raison de la crise économique, le
nombre de cas ne cesse d’augmenter et néces-
site d’affiner les prises en charge. Dans l’entre-
prise ou en dehors, comment peut-on accom-
pagner une personne en situation de burn-out
?
MANIFESTATION ET SYMPTÔMES
L’épuisement au travail s’installe de manière insidieuse.
Les plaintes, fréquemment relayées par les personnes
touchées, englobent divers symptômes :
- des douleurs généralisées,
- des fonctions cognitives amoindries (problème de
concentration, difficulté à prendre des décisions),
- un épuisement physique, des insomnies,
- un épuisement psychique traduit par l’irritabilité, l’es-
time de soi en baisse, la tristesse, l’anxiété, etc.
CONSÉQUENCES
L’épuisement professionnel affecte profondément la
personnalité, le comportement au quotidien. Les consé-
quences de ces changements se manifestent :
- dans la sphère personnelle et familiale, où les tensions
augmentent, les divorces aussi. La personne s’isole et le
risque de suicide est loin d’être nul.
- dans la sphère professionnelle, où le burn-out engendre
des démissions, en raison de l’insatisfaction chronique
qu’il génère. Les fautes professionnelles s’y accentuent
en nombre, parfois en gravité.
Le côté relationnel est négligé, voire saboté : c’est une
des conséquences de la « dépersonnalisation », laquelle
diminue les capacités empathiques de l’individu, pour les
remplacer par le cynisme.
AUX SOURCES DU BURN-OUT
Certains individus sont intrinsèquement plus susceptibles
que d’autres, de développer ce syndrome.
On y trouve pêle-mêle ceux dont les idéaux de perfection
sont inatteignables ; ceux dont l’estime de soi est liée au
besoin de reconnaissance professionnelle ; ceux dont la
vie est focalisée sur le travail, parce que ce dernier repré-
sente un refuge. Le tout étant alimenté par la culpabilité
et tenant à plusieurs facteurs : éducation, personnalité,
milieu social…
Au niveau du cadre professionnel, les situations menant
à une élévation du stress sont parfaitement identifiées.
Il s’agira, par exemple, des activités sollicitant de manière
prononcée les capacités psychiques et intellectuelles ; les
emplois induisant la prise en charge d’autres personnes ;
la culture de performances, avec des objectifs élevés ou
irréalisables ; une inadéquation des moyens alloués, face
à la charge de travail ; une hiérarchie mal définie, qui en-
gendre des contradictions.