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page 34 - Numéro 342 du 24 janvier 2014
Point de vue
Faute de trouver du pétrole traditionnel,
on exploitera des gisements de schiste
A
lors que 50 mil-
liards de barils
de pétrole et
d’équivalant de gaz
ont été consommés
en 2013, les décou-
vertes
d’hydrocar-
bures conventionnels
exploitables n’ont pas
dépassé 20 milliards
de barils.
Le
rapprochement
de ces deux chiffres
montre que le déclin
des réserves d’hydro-
carbures mondiaux, la première source d’énergie pri-
maire de la planète, est amorcé.
Cependant, l’effort de recherche n’a pas faibli, mais de
plus en plus de forages d’exploration se sont révélés in-
fructueux en 2013, notamment en Mozambique, en Côte
d’Ivoire et en Ethiopie, mais aussi en Norvège.
Aucune des découvertes réalisées en 2013 n’a dépassé le
milliard d’équivalent pétrole et les compagnies ont moins
découvert de pétrole que de gaz, qui est moins lucratif
que le pétrole.
Les études confirment que c’est sous la mer que l’on dé-
couvre encore le plus d’hydrocarbures, surtout à grande
profondeur, à plus de 1500 mètres, alors que ces décou-
vertes sont devenues un enjeu majeur du renouvèlement
des réserves mondiales et de l’augmentation de la pro-
duction.
2013 n’était pas en phase avec les découvertes des trois
années précédentes, qui avaient été très fructueuses
selon l’Institut français du pétrole énergies nouvelles,
l’Ifpen, mais aussi de l’exploitation des « régions matures
».
Cependant, la dernière découverte dans la mer du Nord
par le norvégien Statoil, a relancé l’intérêt pour cette ré-
gion.
Les découvertes nouvelles sont le fruit de la relance des
dépenses d’exploration par les compagnies pétrolières,
depuis le milieu de la décennie 2000.
Cet effort ne diminue pas et devrait atteindre en 2014,
750 milliards de dollars, après avoir déjà atteint 694 mil-
liards de dollars en 2013.
Ces sommes faramineuses découlent de l’importance ac-
cordée aux découvertes à grande profondeur grâce à l’ap-
pel couteux aux technologies de pointe, ce qui a conduit
à d’importantes découvertes, y compris dans des gise-
ments difficiles à exploiter.
Pour cette raison, l’Agence internationale de l’énergie,
l’AIE a reconnu dans son rapport 2010, le déclin de la pro-
duction du pétrole conventionnels hors bruts extra lourds
et schiste bitumineux.
C’est ce déclin qui justifie le développement de la produc-
tion de gaz et de pétrole extrait des gisements de schiste,
déjà aux Etats-Unis et qui sera suivi partout où il y a des
gisements de schiste exploitables, pour commencer en
Pologne et au Royaume-Uni.
En France, ça reste un sujet tabou.