RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Abonnement gratuit sur
page 36 - Numéro 466 du 11 novembre 2016
Reportage
risque de pertes engendré par un ouragan a été « titri-
sé » en liant le taux d’intérêt versé aux investisseurs par
des titres négociables sur un marché au montant des si-
nistres « ouragans » d’une période donnée.
A l’origine, les titres liés à des opérations d’assurance ont
été développé en l’ingénierie financière augmenter les
capacités du marché en couverture des risques catas-
trophiques grâce aux capacités des marchés financiers à
prendre des risques. Il s’agissait de venir au secours de
la réassurance traditionnelle dont les capacités étaient
insuffisantes. Toutefois, les principes de la titrisation
peuvent en principe être utilisés pour le transfert de dif-
férents types de risques qu’ils affectent une société d’as-
surance ou toute autre organisation exposée.
Le tableau 1 ci-dessous illustre un exemple typique de
titrisation d’assurance. Le modèle de ce tableau uti-
lise une SPV qui agit en tant que société d’assurance
(ou de réassurance). Le SPV reçoit des liquidités d’une
organisation en échange de l’engagement de régler les
sinistres qui surviendraient. Les flux échangés sont simi-
laires à ceux d’un contrat d’assurance.
La titrisation en assurance diffère des autres formes de
titrisations car l’organisme, au lieu de céder au SPV des
titres financiers contre des liquidités, au contraire verse
au SPV des liquidités en échange d’un dégagement sur
d’hypothétiques sinistres futurs. Les remboursements de
sinistres que percevra l’organisation du SPV dépendent du
contrat spécifique : ce peuvent être les sinistres effecti-
vement encourus par l’organisation ou un indice de sinis-
tralité reflétant les sinistres supportés par un groupe de
sociétés d’assurances. Dans le premier cas, la transaction
est exactement similaire à un contrat traditionnel d’assu-
rance.
Les investisseurs qui achètent des titres liés à des opé-
rations d’assurance perçoivent un rendement qui les
rémunère pour l’acceptation du risque assurable niché
dans ces transactions. Le rendement est donc égal au
taux d’intérêt de bons du trésor de même maturité aug-
menté d’une prime qui reflète la fréquence et la gravité
du risque assurable qu’ils vont devoir supporter. Si le si-
nistre survient, l’investisseur peut perdre tout ou partie
des intérêts, et même le principal, selon les termes de
l’émission et l’étendue de la sinistralité. Le SPV détient
des liquidités en nantissement de son obligation de payer
les sinistres à l’organisation concernée et de verser les
intérêts et le principal aux investisseurs.
Les titres liés à des opérations d’assurance offrent aux
investisseurs une classe d’actifs spécifiques et une alter-
native aux véhicules classiques d’investissements finan-
ciers tels qu’actions et obligations. On appelle « classe
d’actifs » une catégorie spécifique de supports d’inves-
tissement tels que des obligations à taux de rendement
élevé ou des actions de sociétés cotées en bourse.
La spécificité des opérations de titrisation d’assurance,
déjà soulignée plus haut, est que l’investisseur ne sup-
porte qu’un risque définit, celui du risque assurable qui
fait l’objet de l’opération, et non pas l’ensemble des
risques pesant sur l’organisation, comme c’est le cas pour
les moyens traditionnels, actions ou obligations.
Dans une approche de diversification de portefeuille de
diversification de portefeuille, le principal avantage des
titres liés à une opération d’assurance est de fournir un
support d’investissement dont les risques ne sont pas
corrélés avec les risques normalement inclus dans tous
les autres supports à savoir le risque d’évolution des taux
d’intérêts et les risques de volatilité des marchés bour-
siers. De ce fait, l’adjonction de titres liés à des opéra-
tions d’assurance à un portefeuille, la diversification opé-
rée est optimale. L’investisseur peut ainsi augmenter son
rendement sans augmenter son risque, ou maintenir son
rendement en diminuant son risque. En un mot, l’inclu-
sion de tels actifs le rapproche de sa frontière efficace,
ou déplace celle-ci.
Progressivement, au cours des deux premières décennies
de ce siècle, les investisseurs se sont familiarisés avec cette
classe d’actifs et un marché secondaire se développe peu
à peu. Les agences d’évaluation comme Standard & Poor
donnent des notations qui rendent compte de la qualité
de ces titres, comme pour les autres classes d’actifs finan-
ciers. Les informations contenues dans ces rapports sont
essentielles pour la vente de ce genre de titres à des in-
vestisseurs institutionnels tels les fonds de pensions, les
fonds d’investissement, les fonds d’arbitrage, les banques,
et les assureurs vie ou non vie.
Et de fait les orateurs qui se sont exprimés à Malte ont
souligné que les marchés des capitaux sont prêts à investir
et répondre à cette demande dans les obligations catas-
trophes, devenues traditionnelles, et le marché des titres
d’assurance qui parviennent à un certain niveau de matu-
rité et offrent un potentiel de diversification intéressant
du fait qu’ils ne sont pas corrélés au marché : c’est en par-
ticulier un potentiel de dopage pour les fonds de pension
et les fonds spéculatifs ce qui explique leur appétit pour
ces produits.
Les places financières comme Malte bénéficient d’un
cadre législatif et réglementaire nouveau qui permet
de créer des véhicules de réassurances et des cellules
étanches pour étendre ces marchés à toute l’Europe. Sans