RiskAssur-hebdo
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page 38 - Numéro 466 du 11 novembre 2016
Reportage
dommages consécutifs, et des délais de reconstruction
d’un aéroport, et de l’impact sur la fréquentation du parc,
ce serait tâche impossible. »
De plus, ce genre de montage peut également apporter
une capacité supplémentaire sur des lignes plus tradition-
nelles. La FIFA par exemple a utilisé ces montages pour
trouver des couvertures pour les conséquences d’une
annulation à la suite de menaces terroristes sur le World
Trade Center puisque le marché traditionnel a tout sim-
plement refusé de s’intéresser au dossier.
« Le
marché des obligations catastrophe a relativement
stagné. La croissance se trouve plutôt sur le nantissement
de la réassurance et les investisseurs s’intéressent à des
produits moins sûrs pour bénéficier de meilleurs rende-
ments dans des branches plus spécialisées comme l’assu-
rance maritime, l’aviation, etc. AIG a émis des obligations
qui couvrent de multiples risques sur la base de l’agréga-
tion. »
Mais le Dr. Punter n’était pas le seul expert au séminaire
de FERMA de voir un potentiel pour l’avenir de ces pro-
duits. Steve Britton qui dirige le service Global ILS chez
ACIM
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estime qu’il se passe des choses excitantes sur le
terrain. On peut acheter des couvertures d’assurance au
m2 sur la base de la température, des inondations, etc.
On peut penser qu’il y aura d’autre montage comme celui
récemment placé par AMTRAK aux USA.
M. Britton souligna que, cependant, le potentiel est limité
par les modèles disponibles pour soutenir de telles struc-
tures innovatrices, et des risques de queues épaisses. Un
des éléments qui limite l’expansion dans de nouveaux do-
maines est l’absence de modèles crédibles. Il y a égale-
ment le risque de longévité ; les risques accidentels qui
peuvent être de deux décennies. C’est le problème sur
lequel nous travaillons.
Les investisseurs sont vraiment intéressés par ces nou-
velles options si l’on en croit Ulrich Beck, directeur exé-
cutif du sourcing à Twelve Capital, qui est une société de
gestion d’investissement pour les investisseurs institu-
tionnels qui a apporté environ 3,5 Milliards de Dollars sur
les 75 Milliards d’obligations catastrophes et d’ILS placées
à ce jour.
Et M. Beck a rappelé que
« A l’origine, les obligations
catastrophes ont eu pour objet le vent aux Etats-Unis, les
tremblements de terre au Japon, et autres catastrophes
naturelles, mais ces risques ne représentent pas un
pool inépuisable. En dépit de la chute des cours sur les
7
ACIM est le secteur d’AON qui s’intéresse à la gestion des
captives
marchés des ILS, on a vu un déplacement vers le marché
de la titrisation d’assurance (ILS) et l’augmentation des
contrats privés, non
cotés en bourse. Ceci permet le pla-
cement de risques assurables directement auprès d’inves-
tisseurs. Les coûts sont plus faibles, il y a moins de droits
légaux, et autres. Cela devient attrayant et on a vu un
mouvement dans ce sens en matière d’aviation, de ré-
coltes, d’incendie et de maritime. Pour autant qu’il y ait
un régime réglementaire efficace, les ILS pourraient être
l’avenir de l’intervention des marchés des capitaux sur les
risques assurables. »
Que conclure de l’enquête 2016 sur
l’Europe de la gestion des risques ?
Cette année, le rapport rend compte de l’opinion de
plus de six cents risk-managers européens au moment
même où l’Europe vit une période particulièrement
mouvementée de son histoire avec les inconnues qui
entourent le Brexit, et les mouvements nationalistes de
repli sur soi, en particulier dans les pays de l’Est de l’Union
Européenne. Les principales tendances de cette enquête
peuvent se résumer autour de six axes principaux :
*
Le rôle des risk managers tend à inclure une vi-
sion plus large et un volet stratégique
L’étude met en lumière un r
ô
le plus stratégique joué
par les risk-manager qui s’accompagne d’un accès
plus fréquent non seulement aux dirigeants mais
également aux administrateurs. Bien entendu, cela
suppose une vision plus large des risques à impact
stratégiques, c’est-à-dire ceux qui peuvent affecter la
capacité à atteindre ses objectifs.
Cette tendance accompagne ou se justifie par la
préoccupation croissante des dirigeants sur la
problématique de continuité, ainsi que sur le réseau
de partenariat, parfois énoncé de façon restrictive
comme risques de la chaine logistique. Ce sont ces
risques qui se retrouvent au sommet des agendas
ainsi que la question de la stabilité politique et les
cyber-attaques.
Pour le président de FERMA, Jo Willaert, le rapport
montre que les risk-managers se positionnent de plus
en plus à un niveau qui leur permet effectivement
de mettre en œuvre une approche ERM avec
l’intégration de la gestion des risques au cœur des
business models des entreprises de leur culture.
Cette vision des risques étendues à toute l’entreprise
au sens large, prise dans son contexte et son réseau
de partenariat, justifie de plus en plus souvent un
rattachement direct au principal dirigeant, voire au
comité risque du CA.