page 16 - Numéro 310/311 du 3 mai 2013
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Point de vue
Le dossier de la réforme des retraites
revient au galop
P
armi les gros dossiers à traiter
par le gouvernement à la ren-
trée, le Premier Ministre Jean-
Marc Ayrault à cite la réforme des re-
traites, en affirmant qu'il ne veut pas
réformer en passant en force.
Pour ce qui est de la réforme des re-
traites, qu'il qualifie de « gros mor-
ceau » Matignon commence à préparer
le terrain.
La réforme à venir concerne le régime
de base des salariés du privé, la
branche vieillesse de la Sécurité so-
ciale, gérée par la Caisse national
d'assurance vieillesse, la CNAV.
Ce régime, tout en étant fondé sur la
solidarité entre la génération, n'est pas
un régime par répartition au sens pur
du terme, comme les régimes complé-
mentaires Arrco et Agirc.
C'est un régime administré par l'Etat,
issu de la création de la Sécurité so-
ciale le 1er janvier 1946.
En 1946, l'âge de départ à la retraite
était pour tous fixé 65 ans, il fallait
avoir cotisé pendant 150 trimestres,
soit 37,5 ans, pour bénéficier d'une
retraite au taux plein et l'objectif était
de recevoir une pension correspon-
dant à 50% d'un salaire de base revalo-
risé, calculé sur les 10 meilleures an-
nées de leur carrière professionnelle,
dans la limite du plafond de la Sécurité
sociale.
Les pensions étaient indexées sur les
salaires pour permettre aux retraités
de bénéficie des gains de productivité.
Le seul reproche fait à ce régime était
de ne pas tenir compte de la pénibilité
de certains postes de travail, notam-
ment dans la métallurgie.
Ce régime, qui aujourd'hui laisse rê-
veur, s'est trouvé progressivement en
rupture d'équilibre du fait de l'allonge-
ment de l'espérance de vie et il a été
brutalement amendé par la réforme
d'Edouard Balladur de juillet 1993.
Cette réforme est passée, sur le coup,
pratiquement inaperçue, à cause de
ses effets étalés sur de longues an-
nées.
Cependant, elle n'a pas mis fin à la
course au déficit, du fait de l'augmen-
tation continue de l'espérance de vie,
que les réformes successives n'ont pas
réussies à combler, alors que la crise
économique, qui dure depuis 5 ans, n'a
rien arrangé.
Au moment où une nouvelle réforme
se prépare, il s'agit de savoir, si pour
combler le déficit il faudra soit allon-
ger la durée des cotisations, baisser
le niveau des pensions, ce qui a déjà
été amorcée ou trouver d'autres
moyens de financement.
Par contre, il n'est pas question, pour
François Hollande, de reculer l'âge
légal de départ à la retraite au-delà
des 62 ans, malgré le décrochage
opéré à l'époque par la France, par
rapport à ses partenaires européens,
par le passage de l'âge légal de dé-
part à la retraite de 65 à 60 ans, recu-
lé à 62 ans depuis.
On ne sait rien des intentions de gou-
vernement, sauf qu'il veut, dans un
premier temps laisser les partenaires
sociaux, en discuter.
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