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page 26 - Numéro 428 du 18 décembre 2015
Point de vue
La voiture à hydrogène devient
progressivement une réalité
O
n parle de l’hydrogène comme
d’un carburant disponible dans
la nature en quantité illimitée,
à condition de le domestiquer et de le
distribuer.
Un certain nombre de véhicules rou-
lant à l’hydrogène sont déjà opération-
nels en France, mais elles ne peuvent
se ravitailler que dans sept stations, en
attendant l’installation d’une nouvelle
station annoncée à Paris.
Les voitures à hydrogène qui doivent,
un jour remplacer les voitures ther-
miques, voire les voitures électriques,
dont la production des batteries a une
empreinte carbone trop forte, pré-
sentent le même inconvenant au re-
gard de la production industrielle de
l’hydrogène.
Aucune technique permet de puiser l’hydrogène dans la
nature, comme on pourrait le croire, il faut le produire soit
à partir de méthane, soit par un procédé d’électrolyse,
pratiqué dans l’industrie, mais gourmand en énergie.
Pour le moment, si l’hydrogène ainsi produit peut sou-
tenir le coût face aux carburantes autos classiques, c’est
uniquement à cause des taxes, dont il est exempt.
Ainsi, un plein, qui se fait en 3 minutes, revient à 55 euros
et permet de parcourir environ 550 km, c’est plus cher
que le gazole, mais équivaut à l’essence.
L’hydrogène est stocké dans un réservoir placé dans le
coffre des voitures, où il occupe environ un tiers de la
place.
Les constructeurs et les services publics chargés de don-
ner les autorisations de circuler, le service des mines en
France, ont certainement évalué les risques d’incendie
et d’explosion que présente la motorisation, utilisant ce
carburant nouveau, mais rien n’a été mis sur la place pu-
blique, à ce sujet.
On se rappelle la polémique à propos des véhicules rou-
lant au GPL, le gaz de pétrole liquéfié, interdits dans les
garages souterrains et craint des pompiers.
Du côté des constructeurs, si les grands constructeurs
étrangers ont annoncé la sortie, à terme, de véhicules de
série à hydrogène, les constructeurs français marquent le
pas, surtout Renault, devenu un spécialiste de la voiture
électrique pure.
Si aujourd’hui des entreprises peuvent utiliser des voi-
tures à hydrogène, il faudra encore attendre quelques an-
nées, pour que des particuliers s’y intéressent.
L’association française pour l’hydrogène et les piles à
combustible, qui anticipe une centaine de stations de re-
charge à l’horizon 2018, souhaite un petit coup de pouce
du gouvernement, pour que cela décolle vraiment.
Il faudra probablement attendre encore quelques années,
certains disent dix ans, pour que l’hydrogène devienne
une réalité du marché de la mobilité.