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page 20 - Numéro 428 du 18 décembre 2015
Point de vue
Quoi que l’on décidera les émissions globales
de CO2 vont croître au moins jusqu’en 2030
A
lors que 184 pays sur
les 195 signataires
de la Convention
cadre des Nations unies
sur les changements cli-
matiques, la CCNUCC ont
annoncé leur contribution
à l’effort général de ré-
duction des émissions de
gaz à effet de serre, il faut
s’attendre à une augmenta-
tion globale des émissions
de l’ordre de 20 %, d’ici à
2030.
En effet, les deux géants,
Chine et Inde comptent
poursuivront leur crois-
sance économique et dé-
mographique, ce qui ex-
plique, sans entrer dans les
détails, l’essentiel du sur-
croît des émissions en attente.
Les comptes sont simples, cumulés, les rejets carbonés
des deux colosses asiatiques, qui représentent 40 % du
total mondial d’émission, annihilent les efforts des autres
nations, alors que la stabilisation des émissions de la
Chine et de l’Inde suffirait à stabiliser celles de la planète.
Selon les prévisions de l’ONU, la Chine passera de 1,38
milliard d’habitants à 1,46 milliard et émettra jusqu’en
2030, 4 Gigatonnes (Gt) de plus par an, qu’aujourd’hui.
L’Inde passera de 1,23 milliard à 1,47 milliard d’habitants
et émettra 2,9 Gt de plus, ce qui la propulsera au rang de
second pollueur mondial, derrière la Chine.
L’emballement du climat a aujourd’hui l’Asie pour foyer,
alors que l’Afrique, malgré sa démographie croît, verra
reculer ses émissions de gaz à effet de serre de 8 à 7 %.
Selon les experts, les 10 milliards de tonnes de gaz carbo-
nés qui seront relâchés en sus en 2030, mettront notre
planète sur une trajectoire de réchauffement de 3 degrés
et non pas de 1,5 degré, qui est l’objectif de la COP 21.
Pour que la bataille pour le climat ne soit pas perdue, il
sera impératif d’inverser la courbe après 2030, ce qui exi-
gera de redoubler les efforts qui seront plus coûteux pour
ceux qui auront à les fournir.
Le GIEC dans son dernier rapport, publié en 2014 a été
très clair à ce sujet :
« Si rien n’est fait avant 2030 pour renforcer les efforts
d’atténuation déjà déployés aujourd’hui, on estime qu’il
deviendra alors bien plus difficile d’atteindre des niveaux
d’émission relativement bas, à long terme et que cela ré-
duira la palette de solutions pouvant assurer un maintien
du réchauffement au-dessous de 2 degrés ».
Autrement dit, nous prenons le risque de ne pas pouvoir
limiter le réchauffement climatique à 2 degrés, si nous
laissons évoluer la situation en Asie, comme annoncé.
Mais la communauté internationale a-t-elle le pouvoir de
faire autrement ?