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page 22 - Numéro 428 du 18 décembre 2015
Commentaire
Les assureurs cherchent leur place
dans le cadre de la transition énergétique
B
ernard Spitz, s’exprimant en
qualité de président de la Fé-
dération française des sociétés
d’assurances, la FFSA, qui regroupe
les assureurs du secteur commercial,
a affirmé, dans un communiqué daté
du 27 novembre 2015, que les assu-
reurs et les réassureurs étaient prêts
à remplir leur rôle face à la réglemen-
tation et le climat.
Cette prise de position s’expliquait,
à trois jours de l’ouverture de la COP
21, pour ce qui est du climat et à un
mois de l’entrée en vigueur de la di-
rective européenne Solvabilité 2,
pour ce qui est de la réglementation
financière des activités d’assurance.
C’est dans ce contexte que la FFSA a
organisé sa 7éme conférence annuelle internationale «
Réglementation et climat » deux sujets totalement dis-
tincts et il va de soi que nous nous intéressons, en ce
moment, plus particulièrement au rôle que les assureurs
pourraient jouer dans le domaine des catastrophes natu-
relles, qui risquent d’augmenter en nombre et en gravité,
du fait du réchauffement climatique.
Les assureurs appliqueront, à partir du 1er janvier 2016,
Solvabilité 2, qui aura des incidences sur la gestion de
leurs provisions et réserves, destinées à garantir leurs
engagements vis-à-vis assurés et des tiers, devenus leurs
créanciers, du fait des opérations d’assurances.
Ils devront, comme par le passé, orienter leurs place-
ments vers des investissements sécurisés et rentables, ce
qui limite leur liberté d’action dans le cadre des investis-
sements en direction de la transition énergétique.
En conséquence de cette contrainte, ils ne sont pas en
mesure de suivre l’accélération des mouvements signi-
ficatifs qui caractérisent actuellement l’environnement
mondial et ils ne pourront pas accompagner la transition
énergétique par des financements de long terme, en sui-
vant la complexité des nouvelles normes environnemen-
tales, étant tenus d’observer la réglementation de Solva-
bilité 2.
Pour ce qui est de l’assurance, de la couverture des risques
déclenchés par les catastrophes naturelles, les besoins
accrus de protection de la population et de l’économie
ne cessent de s’affirmer, s’agissant notamment d’inonda-
tions, de glissements de terrains, de submersions et de
sécheresse.
Les canicules ont de leur côté une incidence sur la santé
et sur la vie de la population la plus fragile, qui n’a pas
encore eu d’incidence sur les garanties, pas plus que les
maladies tropicales, qui risquent de se développer dans
des zones jusqu’à présent épargnées, mais qui ne man-
queront pas, tôt ou tard, de se manifester.
Dans le domaine des assurances dommages, les contrats
d’assurance garantissent un certain nombre de phéno-
mènes naturels comme les tempêtes, les dégâts des eaux
et le poids de la neige sur les toitures, mais les catas-
trophes naturelles, c’est-à-dire les risques les plus graves
ne sont pas couverts.