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page 30 - Numéro 428 du 18 décembre 2015
Reportage
Pourquoi l’autorité de contrôle de la
comptabilité est-elle partie prenante ?
C’est le président de la commission lui-même qui est venu
accueillir les participants pour souligner l’importance
qu’il attache à cette initiative commune du fait que la
comptabilité n’est pas une fin en soi et la commission
s’attache également à la qualité de l’audit interne et en
concertation avec l’ensemble des parties prenantes elle
souhaite de faire de Singapour une référence mondiale
en termes de gouvernance.
Le thème retenu est d’autant plus important que si les
auditeurs souhaitent devenir des agents de changements
cela ne peut avoir de sens que s’ils restent focaliser sur
leur cœur de mission qui est de veiller à la « robustesse
de l’organisme » qu’ils auditent. Le développement
économique de Singapour s’est appuyé sur l’attraction de
multinationales ainsi que de la croissance au-delà de ses
frontières d’entreprises singapouriennes dynamiques et
aventureuses, mais il ne pourra être soutenable que si
elles savent sortir de leur zone de confort pour innover
et s’améliorer en pensant en dehors des sentiers battus.
Bien entendu, Singapour est fière de fêter ses cinquante
années d’indépendance avec un tel bilan, mais il ne faut
jamais s’endormir sur ses lauriers et, au tout premier
chef, les auditeurs doivent se montrer à la hauteur de
la tâche qui les attend pour relever les défis et ajouter
encore à la création de valeur pour toutes les parties
intéressées.
Les entreprises qui poursuivent leurs implantations
internationales, voire décident d’être cotées en bourse,
se trouvent confrontées à des réglementations de plus
en plus complexes, voire contradictoires, c’est pour cela
qu’il est important de ne pas compliquer inutilement
les procédures et même de les alléger partout où c’est
possible sans compromettre la cohérence et la solidité
des contrôles. La cohérence dans le temps et dans
l’espace est une des conditions de la préservation de la
valeur des entreprises.
De fait lorsque les entreprises grandissent et deviennent
de plus en plus complexes, l’audit interne n’est pas un
luxe mais une nécessité absolue come instrument de
« contrôle des risques ». Avec la montée en importance
de la gestion des risques de plus en plus d’entreprises
s’appuie sur la fonction « audit interne » pour gérer
les risques, et ainsi mettre en œuvre les règles de
gouvernance arrêtées par les dirigeants et garantir
l’optimisation de la performance.
Dans un tel contexte, l’auditeur interne ne peut pas se
contenter d’un contrôle a posteriori, il doit apprendre
à anticiper le futur en devenant proactif pour identifier
les risques nouveaux auxquels l’organisme pourrait être
exposé et proposer des solutions pour les contenir. De
ce fait, il convient que toutes les entreprises, au premier
chef celles qui sont présentes au niveau international,
doivent se doter d’une fonction audit interne étoffée
et compétente, véritable partenaire de la direction
générale.
Mais cela suppose aussi que les professionnels de l’audit
interne sachent grandir dans la fonction et acquérir les
compétences indispensables pour remplir ces missions
élargies. Cela suppose qu’ils semaintiennent informés sur
les grandes tendances des industries, qu’ils élargissent
leur réseaux professionnels, pour atteindre les autres
professions de conseils avec lesquelles ils doivent être
ne interaction permanente.
Comme on le voit M. Uanthern Loh, Directeur Général
de la SAC n’y va pas par quatre chemin et il souligne bien
l’ambition, légitime à ses yeux, des auditeurs internes
de prendre en charge le cœur de la gestion des risques,
surtout dans le cadre de l’ERM, quitte à laisser l’achat
d’assurance au technicien responsable au sein de la
direction financière. Il revient dont aux risk-managers, il
n’y en avait pas dans cette conférence, de relever ce défi
pour être les interlocuteurs « risques » des dirigeants
à égalité avec les auditeurs internes, mais ces derniers
on peut être déjà un train d’avance dans de nombreux
territoires.
La cyber-sécurité relève-t-elle du comité
d’audit
?
De plus en plus souvent, les comités d’audit dans les
entreprises se saisissent de la problématique dans
l’assurance de la solidité des réponses en matière de
cyber-sécurité. Il ne s’agit pas pour les administrateurs
de se transformer en « gourous » de la technologie mais
de mettre en place les politiques et la gouvernance.
Des spécialistes ont évalué que les opérations de cyber
espionnage dont sont victimes les organismes publics ou
privés ont atteint une échelle industrielle et la Grande-
Bretagne
3
estime que 70 attaques d’envergure ont lieu
chaque mois dans le pays. Il est clair que les chiffres
avancés par ailleurs sur le coût de ces attaques font
de ce problème un de ceux qui ne peut pas attendre
pour faire l’objet d’une politique solide, et mise à jour
régulièrement.
Dans un rapport récent, KPMG
4
estime qu’il faut apporter
des réponses aux cinq questions qui suivent, en appelant
à l’appui les ressources internes et externes certes, mais
3
Déclaration de Sir Lain Lobban, directeur du siège des
communications du gouvernement britannique
4
Cyber Security for audit committees – An introduction –