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page 18 - Numéro 428 du 18 décembre 2015
Point de vue
Les doyens des facultés de médecine
veulent modifier les études des futurs médecins
L
es doyens se sont ré-
unis pour deux jours à
la faculté de Bobigny,
pour élaborer des proposi-
tions qui visent à réformer
le parcours de formation
des médecins, du début à
la fin.
Les doyens veulent à la fois
supprimer le numerus clau-
sus et lutter contre l’échec
des étudiants en première
année, qui, pour eux, est
liée à un problème de re-
crutement et d’orientation.
L’Etat fixe le nombre d’étu-
diants pouvant être admis
en deuxième année pour réguler la démographie médi-
cale, or c’est un échec, car il est appliqué au début des
études, alors que 25 % des étudiants qui sortent des fa-
cultés ne s’inscrivent pas au conseil de l’ordre des méde-
cins, pour exercer une autre activité que celle de méde-
cin.
La vraie question pour Jean-Pierre Vinet, présidence de la
Conférence des doyens des facultés de médecine, c’est la
répartition des médecins sur le territoire et, s’il faut dis-
tinguer le nombre d’étudiants, c’est en fonction des capa-
cités de formation des universités.
Les doyens veulent aussi lutter contre l’échec des étu-
diants en sachant que la première année commune aux
études de santé s’achève par le goulot d’étranglement du
concours en deuxième année, avec pour résultat 70 % à
80 % d’échec.
Pourtant, les facultés sont tenues de réorienter les étu-
diants en difficulté à la fin du premier trimestre, or de
l’avis de la Conférence des doyens, c’est maintenait déjà
trop tard, car un étudiant qui, fin octobre n’a pas bien or-
ganisé son travail et n’a pas le niveau requis, n’a aucune
chance de réussir le concours.
Lutter contre l’échec, c’est aussi se préoccuper de l’avenir
de ceux qui ne passent pas le cap du concours.
L’idée est de mettre en place des passerelles avec les li-
cences universitaires, un dispositif encore marginal.
Nous avons commencé par des licences en biologie, et
nous comptons ouvrir le dispositif à d’autres disciplines,
notamment en sciences humaines et sociales, précise
Jean-Luc Dumas, doyen de la faculté de Bobigny.
Les doyens ont aussi abordé une réforme des épreuves
de classement au niveau national, mais sans aboutir à un
consensus.
Pour certains, c’est un corset pédagogique étouffant qui
oblige les étudiants à bachoter, qu’ils voudraient simpli-
fier, afin d’accorder davantage de place aux compétences
cliniques.
Il reste à connaître l’accueil qui sera réservé à ces propo-
sitions, en sachant que certaines propositions formulées
en 2011 et en 2013, notamment sur la place du numé-
rique dans l’évaluation des étudiants, avaient été mises
en oeuvre.