RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 27 - Numéro 426 du 4 décembre 2015
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Point de vue
Les conditions du succès de la COP 21
L
es représentants des pays
membres de l’ONU se réu-
nissent à Paris (au Bourget) du
30 novembre au 11 décembre,
avec pour mission de freiner l’éléva-
tion de la température en cours, à
un niveau acceptable pour le main-
tien de la vie sur Terre.
Selon les experts, le seuil à ne pas
dépasser se situe à 2 degrés, alors
que l’on sait qu’il conduirait, du fait
de la montée continue du niveau
des océans, à la submersion des
terres les plus basses, notamment
dans le Pacifique.
Quoi qu’il en soit, sur ces 2 degrés,
le premier degré est en voie d’être
atteint, voire dépassé, ce qui nous laisse peu de marge
pour l’avenir.
Même si le réchauffement en cours s’inscrit – peut-être
- dans une phase naturelle, les scientifiques admettent
qu’il est renforcé et accéléré par l’activité humaine et
ce depuis les dernières décennies, en désignant comme
principal responsable le recours massif aux combustibles
fossiles, que sont le charbon et les hydrocarbures, dont la
combustion émet des gaz à effet de serre.
Les mesures à prendre pour réduire l’émission des gaz à
effet de serre, en substituant aux combustibles fossiles
des combustibles propres, à sources renouvelables sont
une opération à moyen, voire à long terme, extrêmement
coûteux.
Pour cette raison, il a été demandé à chaque pays de s’y
employer, en fonction de ses moyens et de sa situation
géographique et en prenant des engagements contrai-
gnant à cet égard, vis-à-vis de la collectivité.
En faisant le point des engagements déjà pris, il apparaît
qu’ils conduiraient à un seuil de réchauffement excessif,
de plus de 3 degrés.
Les pays ne sont pas logés à la même enseigne, à côté
des pays développés il y a les pays émergents, dont les
plus importants, la Chine et l’Inde, sont devenus, depuis
peu, les principaux pollueurs, en raison de l’importance
de leur population, qui cherche à améliorer son niveau
de vie.
De plus, certains pays, notamment parmi les pays déve-
loppés, disposent d’une production d’énergie nucléaire
non polluante en soi, dont le développement est freiné,
par des postures politiques.
L’énergie nucléaire pourrait être une alternative intéri-
maire, en attendant la montée en puissance des sources
d’énergie propre et renouvelable.
Cet obstacle n’est pas définitif, il suffit d’ajuster régulière-
ment les engagements pris, en fonction des progrès réa-
lisés par les uns et par les autres, et de l’évolution de la
pensée, avant d’atteindre le seuil fatidique.
Le second obstacle à franchir est celui du financement de
la politique climat qui exige des transferts de technolo-
gie et de capitaux considérables du Nord vers le Sud, que
nous évoquerons par ailleurs.