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page 34 - Numéro 426 du 4 décembre 2015
Reportage
Ces assureurs n’auront pas l’obligation de rendre
public leur coussin supplémentaire de capital jusqu’en
2019. Toutefois, on peut imaginer que les investisseurs
potentiels voudront savoir avant cette date si le bilan de
la compagnie est suffisamment solide être en conformité
sans avoir besoin d’émettre des actions nouvelles pour
augmenter son capital social.
Aux Etats-Unis, les cinquante et un contrôleurs n’ont
pas une opinion unanime et certains estiment que les
règles nationales sont suffisantes dans la mesure même
où la structure de la profession fait que les assureurs ne
posent pas des risques de la nature de ceux générer par
les banques.
L’IAIS explicite que le premier coussin de capital, connu
sous le nom de besoins de capitaux de base, sera celui
exigé pour chacun des neuf assureurs par son autorité de
contrôle nationale.
Une consultation a proposé initialement que le besoin
en capitaux de base à mettre en place en une période
triennale à compter de 2016 devrait être au moins de
75% des exigences nationales.
L’IAIS a précisé que le second coussin en capital, connu
sous le nom d’absorption des sinistres catastrophiques
4
,
sera en moyenne de 10% des exigences de base, selon
le niveau de risque attaché aux opérations de la banque.
C’est un niveau ajusté car ramené à ce niveau alors
qu’initialement l’IAIS envisageait 12-13% de la base.
Pour endiguer quelque peu les vagues de protestations
qui se faisaient jour, l’IAIS a indiqué qu’en l’état actuel,
les neuf assureurs en question disposaient au cours
des deux dernières années en moyenne de capitaux et
réserves à concurrence de 260% des exigences avancées
par l’association. Bien que cela semble une sécurité
importante, l’IAIS insiste pour que ces opérateurs
maintiennent ce hauts niveaux de capitaux, très au-delà
des exigences minimum. Il sera intéressant de suivre les
taux des cotisations chez ces assureurs et de voir dans
quelle mesure ils se réfugient derrière ces exigences
pour justifier ces éventuelles hausses de taux. Pour le
moment, le marché reste globalement stable ou en léger
tassement.
Au sein de l’Union Européenne, les assureurs doivent dès
janvier 2016 satisfaire aux exigences de Solvabilité 2 et il
reviendra aux fonctionnaires européens de décider si ces
exigences sont équivalentes aux « capitaux de base »,
ou à la somme des « capitaux de base + absorption des
sinistres exceptionnels ».
A Istanbul début novembre, le G20 a pris acte du
document publié par l’IAIS sur le coussin de capitaux
4
HLA – Higher Loss Absorbency
supplémentaire, HLA, exigé neuf groupes d’assurance
« globalement systématiquement importants ». Il a pris
acte également de ce qu’il serait révisé avant sa mise
en œuvre en 2019 pour refléter les travaux à venir de
l’IAIS sur la méthodologie d’évaluation pour ces groupes
globaux et leurs niveaux de capitaux requis.
Le rapport
5
remis par le FSB
6
début novembre
n’a pas
remis en cause la liste de « neuf » et n’a pas pris position
sur les réassureurs dans l’attente de la méthodologie que
proposera l’IAIS. Il faudradonc attendreaumoins jusqu’au
début 2016 pour savoir si les grands réassureurs, en
particulier Munich R
é
, Swiss R
é
, et SCOR seront soumise
à cette même règle internationale, certains contrôleurs
ont déjà fait connaitre leur inquiétude pour le cas où la
réassurance serait laissée hors du champ de ce contrôle.
Peut-on attirer les milléniaux
de talent dans la profession ?
Comme l’ensemble des professions avec l’arrivée sur le
marché du travail de classes d’âge moins nombreuses,
l’industrie de l’assurance, et le risk-management, doivent
trouver les moyens d’attirer les jeunes générations au
demeurant indispensables non seulement pour assurer
les relais des futurs retraités mais bien plus encore pour
apporter un vision nouvelle alors même que le paysage
des risques est en perpétuelle évolution, en partie du fait
ce que dont ils sont porteurs, les effets de la révolution
numérique qui va bien au-delà de la gestion interne
d’un parc d’ordinateurs, et ne se limite pas non plus aux
cyber-risques, ou à la cyber sécurité quelle que soit son
importance.
Bien entendu, ce volet a fait partie des thèmes de
réflexions proposés aux participants au Forum de Venise.
En fait l’idée originelle est de Thomas Huerlimann, le
PDG de Zurich Corporate Global qui est parti du constat
de l’impact de l’inter-connectivité, de la rapidité des
communications, et des volets énormes de données qui
s’changent pour souligner le défi que cela représente
pour tous les acteurs de la profession. Certes le rôle de
la gestion des risques devient de plus en plus important
mais cela modifie l’éventail de compétences nécessaires
pour les gérer explose avec l’accroissement du rôle.
Cette remarque d’ailleurs résume bien le cœur du
débat qui se tint alors à savoir la nécessité absolue de
susciter un vivier de professionnels avec les qualités de
leadership jointes aux compétences techniques pour
gérer les banques de données et les systèmes d’analyse.
Les autres membres de la table ronde représentaient les
5
Implementation and effects of the G20 financial regula-
tory reforms - Report of the Financial Stability Board to G20 Leaders
– November 9, 2015
6
FSB – Financial Safety Board