n°426 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 4 décembre 2015 - page 35

RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 35 - Numéro 426 du 4 décembre 2015
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Reportage
associations de risk mangers de France et d’Allemagne
ainsi que les courtiers en la personne du DG de Marsh
International, David Batchelor.
AlexanderMahnkedeDVSaouvertlasessionensoulignant
les trois défis à relever à ses yeux, la collaboration avec
l’ensemble des acteurs, le recrutement et la conservation
des talents, et la reconnaissance de la création de valeur
de la gestion des risques au sein de tout organisme. Il
remarque que la chasse au talent en risk-management
semble encore passer par les personnels des assureurs
et des courtiers.
« Il est grand temps de veiller à ce
que la gestion des risques soient enseignée en tant
que telle pour que nous puissions attirer les talents
nouveaux de haut niveau dont nous avons besoin dans
les jeunes générations
avec toute la diversité nécessaire
pour comprendre le monde complexe dans lequel nous
vivons
 ! »
affirma-t-il en substance. Je traduis librement,
il est urgent que le risk management soit reconnu comme
une science du management à part entière et enseigner
dans les universités et grandes écoles de prestige.
On croit revenu vingt ans en arrière quand on entend
encore, et encore, la question pour les risk-manager de
trouver unmoyend’atteindre l’oreilledes dirigeants. Nous
avons toujours été de très bons techniciens, sous-
entendu de l ‘assurance bien sûr, mais est-ce que ce
sont là les compétences qui seront nécessaires dans la
prochaine décennie ? Sommes-nous bien en 2015, ou
en 1995 pour entendre de telles questions quand Chris
Lajtha, alors risk managers chez Schlumberger, réveillait
les auditeurs d’AIRMIC en leur prédisant que le risk-
management serait une préoccupation des dirigeants
bientôt, mais qu’il n’était pas certain qu’ils en seraient
encore les détenteurs.
Il est clair qu’il y a aujourd’hui deux fonctions de plus
en plus distinctes, même si elles sont encore souvent
confondues, le risk manager qui doit avoir la vision
et la formation d’un cadre dirigeant, et l’acheteur
d’assurance, un technicien de haut niveau qui assiste le
directeur financier dans la mise en place des couverture
d’assurance nécessaire dans une stratégie globale de
financement exceptionnels qui viennent renforcer la
trésorerie dans les temps difficiles tout en maintenant
le rendement sur les capitaux propres, voire soutenir la
notation pour l’accès au marché des capitaux.
Brigitte Bouquot, présidente de l’AMRAE veut voir
dans le programme de certification de FERMA, voir ci-
après RIMAP, une avancée décisive dans la création
d’un environnement qui permettra de hisser le risk
management vers une fonction de direction et au risk
manager de parler avec les PDG, les directeurs financiers
et les administrateurs. Elle veut y voir un standard qui
permettra à l’ensemble de membres d’une équipe de
direction de mieux appréhender le rôle de la gestion des
risques au sein d’un organisme.
Vraiment ? Avec un accès autoriser aux détenteurs
d’un diplôme d’enseignement secondaire, dix ans
d’expérience et un examen de questions multichoix de
trois heures. Que ce soit un pas dans la bonne direction,
personne n’oserait le nier, mais que ce soit suffisant pour
attirer les jeunes et talentueux titulaires de diplômes
d’enseignement supérieur de haut niveau, avec les
talents évoqués par Alexander Mahnke, permettez-moi
d’en douter.
David Batchelor quant à lui tout en se positionnant
clairement dans l’optique de l’industrie de l’assurance
ne cache pas qu’il va falloir sortir de sa zone de
confort et ne plus se contenter des dangers physiques
traditionnels qu’ils ont certes su traiter avec un haut
degré de professionnalisme pour entrer en dialogue
avec les risk-managers sur des terres beaucoup moins
connues pour aborder le risque dans un sens beaucoup
plus large : « l’effet de l’incertitude sur les objectifs » par
exemple pour reprendre la définition fondatrice de l’ISO
31000 ? Les courtiers et les assureurs sauront-ils attirer
en particulier les jeunes milléniaux pour « déchiffrer le
nouveau paysage des risques » ?
Toutefois on pouvait compter sur Brigitte Bouquot pour
venir au secours d’une industrie en questionnement et les
rassurer en précisant que l’industrie au sein de laquelle
opère Thalès, la défense et l’espace, n’est soutenable
que grâce à l’assurance. Et elle ajoute que l’éducation
des PDG et des administrateurs devrait leur permettre
de mieux comprendre la « beauté de l’assurance ».
Doit-on suivre M. Roberts, directeur des risques et de
la protection sociale d’Ensign-Beckford Industries, et
président du RIMS, lorsqu’il souligne que le poste n’est
pas une fonction ouverte à un jeune dès sa sortie de
l’université car le rôle est trop complexe ? Sans doutemais
de même que quel jeune diplômé pourrait-être d’emblée
directeur financier, directeur du marketing, directeur
des ressources humaines, voire PDG, à moins qu’il ou
elle ne crée sa propre start-up ? Mais parallèlement qui
recruterait un jeune bachelier avec cinq ans d’expérience
au guichet d’une banque pour espérer en faire en cinq
un directeur financier de haut vol à qui confier les clés
du « tiroir-caisse
 ?
M. Mahnke, par ailleurs directeur des risques financiers
chez Siemens, rappelle que les risk managers savent mal
se vendre en général et montrer la création de valeur de
leur fonction, même dans son volet assurance. « Nous
devons savoir devenir plus visible si nous voulons être les
leaders des risques de demain.
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