n°426 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 4 décembre 2015 - page 17

RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 17 - Numéro 426 du 4 décembre 2015
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Point de vue
La France compte 192 déserts médicaux
où vivent près de 2,5 millions d’habitants
C
e constat ressort des Atlas
régionaux de la démographie
médicale, publiés jeudi 26
novembre, par le Conseil national
de l’ordre des médecins, le CNOM.
Pour aboutir à ce constat, la CNOM
a analysé la situation des 2 378 bas-
sins de vie, identifiés en France mé-
tropolitaine.
Selon l’un des vice-présidents du
CNOM, Patrick Romestaing, « En af-
finant la connaissance de l’offre de
soins, cette classification statistique
va aider les réflexions menées au
niveau local, avec les agences ré-
gionales de santé, afin d’y remédier
».
Ce sont les régions Centre, Poitou Charente et Haute Nor-
mandie qui comptent le plus grand nombre de bassins de
vie très défavorisée en termes d’accès aux soins, tandis
que d’autres ne connaissent aucune zone en forte ten-
sion, comme l’Auvergne, la Champagne-Ardenne, la Corse
et aussi l’Ile de France.
Le point commun des zones défavorisées réside dans le
fait que les médecins qui partent à la retraite ne trouvent
pas de successeurs.
Citons à titre d’exemple la Bretagne qui a perdu un tiers
de ses généralistes en huit ans et où un autre tiers a plus
de 60 ans.
Force est de constater que les déserts médicaux sont sou-
vent des déserts tout court, dont la population diminue,
l’école et La Poste ont fermé et il n’y a souvent, même
plus de ligne d’autocar, ce qui explique qu’un jeune mé-
decin n’a pas envie de s’y installer.
Dans ce cas de figure, la mise en place de maisons médi-
cales apparaît alors comme la seule réponse possible et
une cinquantaine ont été mises en place dans la région
Centre.
Le ministère de la Santé estime que 800 maisons de ce
type devraient être en activité au niveau national, d’ici
avant fin 2015, en espérant qu’il y en aura 1 000 d’ici à
2017.
Il se trouve que Marisol Touraine doit annoncer en ce
moment les mesures de son « pacte territoire santé » et
notamment annoncer une hausse immédiate et ciblée du
numerus clausus permettant d’ouvrir 131 places supplé-
mentaires dans dix régions en manque de médecins.
La ministre de la Santé devait également faire part de son
objectif de « faciliter d’ici à 2017, l’installation de 1 000
médecins généralistes ou d’autres spécialités » grâce à
des contrats de praticien territorial de médecine géné-
rale.
Il s’agit d’un dispositif qui permet d’apporter une garantie
de revenus et des avantages sociaux aux jeunes médecins
s’installant en zones sous-dotées.
Le succès de ce dispositif dépendra de l’attrait des zones
auxquelles il est destiné.
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