n°426 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 4 décembre 2015 - page 30

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page 30 - Numéro 426 du 4 décembre 2015
Reportage
Venise survivra-t-elle au réchauffement
climatique ?
Le discours d’ouverture du Forum confié à Giovanni
Cecconi, Directeur du centre d’Information du
Consortium « Venise Nouvelle »
1
, qui a présenté le
système MOSE présenté comme une combinaison de
technologie, innovation et d
é
veloppement pour prot
éger
l’
environnement et les zones côtières. En clair, il s’agit
de renforcer la r
é
silience et de contenir les effets du
réchauffement climatique et de l’élévation du niveau des
mers qui en résulte.
Venise est un réseau complexe qui résulte de son
passé divers, saline, port de pêche, agriculture et
destination de tourisme. La nécessité de sauver Venise
de la montée des eaux est une préoccupation mondiale
et le consortium « Venise Nouvelle » a entrepris une
démarche de résilience totale, prenant en compte le fait
que certaines zones de la ville sont encore en train de
s’enfoncer. L’approche heuristique utilise les réponses
de la nature elle-même en organisation une interaction
entre les structures mises en place et les processus
naturels. Des communautés et masses microbiennes
finissent par former avec le temps des chenaux pour la
marée naturels.
Toutefois, les iles principales ont besoin d’être protégées
en cas de hautemarée et les barrières mobiles de défense
contre l’inondation connues sous le nom de MOSE sont
en construction. Et le projet qui devrait être terminé en
2018 représente un budget global de 5 Milliards € et
s’accompagnera de coûts d’entretien élevés. Bien que la
modélisation des mouvements des marées soit difficile,
il est prévu à ce jour que les barrières devront être levées
en moyenne cinq fois par an, et laisseront se produire
quelques inondations de façon à éviter que la pression
sur les barrières n’atteignent un niveau insoutenable.
Par exemple, la place Saint-Marc pourrait être inondée
jusqu’aux portes de la Cathédrale.
Ce projet MOSE combine tellement de façon efficace
progr
è
s et pragmatisme sur le fondement du concept
de résilience et de non-fragilité appliqué à la protection
d’un territoire, qu’il fait l’objet d’observations et d’études
d’équipes du monde entier. On sait en effet que l’impact
du réchauffement climatique et de l’élévation du niveau
des mers aura des conséquences lourdes sur le plan
social, politique et économique en générant des risques
dans bien des régions du globe.
L’orateur poursuit en plaçant le changement climatique
comme la menace la plus lourde qu’ont à confronter
les risk-managers du monde entier du fait de l’impact
potentiel lié à l’inondation de sites de production, à
1
Consorzio Venezia Nuova
l’augmentation des flux migratoires, que vont générer
dans un avenir proche l’évolution des conditions
géopolitiques et de l’environnement dans bien des
zones pauvres du globe. Cette remarque début octobre
est malheureusement confirmée déjà avec la crise des
réfugiés syriens que doit gérer l’Union Européenne.
Et il précise :
« Les connaissances et compétences
acquises au travers du projet MOSE démontre la
nécessité de relever le défi de la complexité par une
approche systémique. C’est la seule façon de conserver
l’optimisme et de générer les capacités d’adaptation,
de concilier les souhaits de changement et la confiance
dans les aspirations des populations, réelles et virtuelles,
de façon à ce que les méga-cités d’aujourd’hui et demain
soient effectivement plus inclusives.
Le laboratoire de
Venise nous apprend que es systèmes complexes sont le
siège d’évolutions permanentes dictés par la coévolution,
qui dans les cités côtières se manifeste par un équilibre
dynamique de coopétition entre les différentes cultures
pour accéder aux services écosystémiques du territoire.
L’objectif du laboratoire d’apprentissage avec la nature
de Venise est de construire des outils pour s’adapter
au changement, à commencer par le réchauffement
climatique. Il a été bâti autour de la sauvegarde de
Venise et de sa lagune, et dès mai 2015 il a obtenu des
reconnaissances internationales en recevant, entre
autres, le premier prix aux concours de projet sur la
sauvegarde de la baie de Boston à horizon 2070.
Ces résultants nous encouragent à transformer Venise
et la Vénétie en un laboratoire national de la résilience,
une exposition permanente, un catalyseur capable de
revitaliser le centre-ville historique, en conservant sa
population dans le cadre du système national. »
La référence au « système national » dans les propos de
M. Giovanni Cecconi rappelle que par-delà la lagune de
Venise, le territoire italien dans son ensemble est soumis
à des événements naturels cycliques et ruineux. Le
catalogue historique des événements géo-hydrologique
au cours du dernier millénaire suffit à montrer la réalité
des mouvements de 843 à 2012. Cette instabilité
hydrogéologique est une des menaces à prendre en
compte par tous les risk-managers dont les entreprises
ont des intérêts en Italie, en particulier le risque
d’inondation doit toujours être pris en compte dans
le cadre du choix de sites d’implantation de nouvelles
unités de production, et également dans la due-diligence
en cas de fusion-acquisition.
En particulier, il y a donc un décalogue de règles à suivre
pour garantir la continuité d’activité :
1. Identifier les causes potentielles (sans se limiter aux
cours d’eau et canaux adjacents, mais en prenant en
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