RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
Abonnement gratuit sur
page 26 - Numéro 358 du 16 mai 2014
Point de vue
La médecine de proximité est
au bord de la saturation
L
’adjoint à la Maire de Paris, chargé de la santé,
Bernard Jomier, lui-même, ancien médecin, en
s’exprimant devant la presse, a déclaré « On voit
s’affaisser l’offre médicale du secteur 1 celui de la
médecine pour tous ».
C’est le cas de la médecine des spécialistes, mais
aussi, de plus en plus de celle des généralistes, une
médecine qui n’est plus accessible à tous.
Cette situation explique la saturation des urgences
des hôpitaux, ce qui n’est pas une solution, ni pour
les patients, obligés parfois d’attendre de longues
heures avant d’être pris en charge, ni pour les hôpi-
taux publics, qui n’ont pas les moyens d’y faire face.
C’est ici que nous sommes confrontés à la médecine
à deux vitesses, les patients qui n’ont, en plus de la
Sécurité sociale, qu’une assurance complémentaire
de base, voire la CMU complémentaire, garantissant
le ticket modérateur et ceux qui peuvent prendre
rendez-vous dans une clinique privée et auprès d’un
généraliste ou d’un spécialiste travaillant en catégorie 2,
à honoraires libres.
Un tiers des généralistes se rapproche de la retraite et le
renouvellement, à 23 euros la consultation, est de moins
en moins assurée.
Ne parlons pas des spécialistes libéraux, pratiquement
tous en catégorie 2.
Il faut comprendre le refus des jeunes médecins de
suivre la trace de leurs ainés, après de longues années
d’études, malgré les aides à la première installation, dont
ils peuvent bénéficier, par ci, par là.
La solution passe par les centres de soins, les anciens dis-
pensaires que l’on croyait enterrés à jamais, comme les
bains douches municipaux.
Il existe actuellement 22 centres de soins à Paris, dont six
appartenant à la ville de Paris et les autres à des struc-
tures diverses.
Bernard Jomier fait référence à un centre de soins où les
dermatologues, gynécologues, dentistes et podologues,
qui se relaient, reçoivent de 100 à 120 patients par jour,
ce qui montre son utilité.
Ces centres fonctionnent avec le concours de praticiens
libéraux, qui leur consacrent quelques heures par se-
maine, rémunérés par la structure dont il relève ou avec
le concours de praticiens salariés, qui préfèrent cette si-
tuation, plutôt que les horaires d’un médecin libéral de
catégorie 1.
Ils doivent être subventionnés, au besoin par les com-
munes, qui doivent combler les vides, comme à l’époque
des logements dépourvus du confort élémentaire, où on
a vu fleurir par nécessité, les bains douches municipaux.
Il y avait aussi, à cette époque, quelques dispensaires,
aujourd’hui les centres de soins, à développer, pour faire
face aux déserts médicaux, qui ne se limitent plus à la
seule France profonde.