RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
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page 32 - Numéro 358 du 16 mai 2014
Etude
ne possède pas de profil public sur un site social ne per-
mettra aucun renseignement via internet. A l’inverse, une
Petite Poucette qui poste 2 ou 3 photos et une dizaine de
tweets chaque jour offrira aux observateurs une grande
quantité d’informations dont certaines, comme celles
relatives à son habitat ou à ses modes de déplacement,
pourront permettre de préciser son portrait d’assuré.
Concernant les professionnels, la qualité et la richesse de
la documentation online est proportionnelle à l’impor-
tance économique des entités, avec une visibilité accrue
pour les quelques 2200 entreprises françaises cotées en
bourse.
Dans tous les cas, l’expertise dans la recherche et dans
l’appréciation de la fiabilité de l’information est essen-
tielle et les compétences procédurales dans l’utilisation
d’internet qui caractérisent les internautes des jeunes gé-
nérations seront d’une grande utilité au sein des unités
opérationnelles des assureurs.
. Les bases de données
L’utilisation des bases de données par les assureurs est
à peu près aussi ancienne que l’assurance elle-même
: qu’est-ce qu’une table de mortalité ou un tarif des
risques industriels sinon une application statistique d’un
ensemble d’informations recueillies et classées systéma-
tiquement ?
Ces dernières années s’est développée l’utilisation de
bases de données sur la situation financière des entre-
prises et sur les risques naturels, l’utilité de ces dernières
s’étant considérablement accrue avec les possibilités de
géolocalisation des biens assurés.
L’utilisation de bases de données sur la délinquance de
type vol et vandalisme et sur la survenance des incendies
est judicieuse et également favorisée par les solutions de
géolocalisation.
Des bases de données renseignant des critères tarifaires
et permettant une simulation de prix sans contact avec
le prospect font également l’objet d’études détaillées et
même de premières applications.
. Le cas particulier du Big data
Le Big data consiste à collecter et à traiter une quanti-
té de données brutes gigantesque, rendue disponible
par les nouveaux dispositifs numériques de captation,
de transport et de stockage des informations. Du fait de
leur volume extrêmement élevé et de leur caractère non
structuré, ces informations nécessitent des méthodes et
des outils d’analyse inédits : les big analitics.
La connaissance des risques naturels et d’une manière
générale de tous les risques fortement liés au position-
nement spatial, pour lesquels la réalisation de cartogra-
phies sera d’autant plus pertinente qu’elle s’appuiera sur
un nombre élevé d’informations géolocalisées, pourrait
constituer une application privilégiée du Big data.
Les risques directement influencés par l’action humaine,
par exemple en responsabilité civile, devraient en re-
vanche se révéler plus difficiles à analyser de la sorte et
mettre, ainsi, en évidence la nécessité de mener, ou de
relancer, des recherches fondamentales sur les caracté-
ristiques déterminantes des risques assurés en vue de
construire des modèles microéconomiques adéquats.
. L’imagerie numérique
De la même manière que la reproduction à très haute
définition des tableaux permet, parfois, de saisir le sens
profond des œuvres(5), les techniques avancées d’ima-
gerie digitale pourraient faciliter l’identification précoce
des causes de sinistres de dommages aux biens. La camé-
ra de thermographie à infra rouge, qui visualise les zones
de surchauffe dans les équipements et les circuits élec-
triques, offre le premier exemple d’une solution digitale
de prévention des risques, en l’occurrence d’incendie,
unanimement appréciée.
-
L’information sur le consommateur d’assurance
Le consommateur contemporain, et l’assurance ne fait ici
pas exception, est réputé versatile, c’est à dire instable
dans ses préférences et ses choix et susceptible de chan-
gements d’avis fréquents. Comment le digital peut-il aider
les assureurs à comprendre et à prévoir un assuré qui ne
se comprend pas toujours lui-même et qui tend à devenir
imprévisible ?
. Comme en matière de données sur les risques, inter-
net sera d’autant plus informatif que les assurés ciblés
seront notoires ou actifs sur les réseaux sociaux. Dans le
domaine de la consommation, les forums d’échanges et
les commentaires d’articles en lignes, via le système de
la notation j’aime/ je n’aime pas peuvent constituer des
révélateurs avancés de tendance, sous réserve ici encore
d’une maîtrise suffisante de leur décodage. A titre d’il-
lustration et en forçant le trait, un assureur pourra sans
doute trouver matière à réflexion dans les commentaires
des articles sur les tarifs Auto les plus massivement likés.
Internet offre aussi la possibilité de construire, au sein
des sites corporates ou dédiés, des plateformes centrées
sur les échanges avec les clients et les prospects et qui
pourraient, avec une ambition limitée, servir de sondeur