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page 18 - Numéro 358 du 16 mai 2014
Point de vue
En Australie,
l’Etat projette de reporter l’âge de la retraite
à 70 ans
T
ous les Etats modernes doivent
faire en sorte que leurs ci-
toyens, en fin d’activité, aient
des ressources suffisantes pour finir
leurs vieux jours. Ce qui conduit à la
mise à la mise en place de régimes
collectifs.
C’est le cas en France, depuis 1946,
date de la création de la Branche
vieillesse de la Sécurité sociale, gérée
par la Caisse nationale d’assurance
vieillesse, la CNAV.
La CNAV verse, dans la limite d’un
plafond, aux retraités du secteur pri-
vé, une retraite de base égale, théori-
quement, à 50 % de leur salaire.
Entre-temps, en France, les partenaires sociaux ont mis
en place les régimes complémentaires par répartition,
Arrco et Agirc, pour garantir à tous les salariés du privé,
ouvriers, employés, agents de maitrise et cadres, un sup-
plément de retraite devant leur assurer, un revenu de
remplacement égal, approximativement, à 70 % de leur
salaires de fin de carrière.
Ces régimes sont financés, pour parti, par des cotisations
prélevées sur les salaires actifs et pour partie par les coti-
sations des employeurs.
Au moment de leur mise en place, il y avait 4 actifs pour
1 retraité, ce qui en assurait le financement, jusqu’au
moment où l’allongement de l’espérance de vie est venu
rompre définitivement cet équilibre.
La première tentative de rétablir cet équilibre remonte à
Juillet 1973, où Edouard Balladur a substitué à l’indexa-
tion des pensions sur les salaires, celle sur le coût de la vie
et de les calculer non plus sur les 10 meilleures années de
la carrière, mais sur les 25.
Cette réforme n’a pas suffi et le déséquilibre a continué
de se creuser, car du fait de l’augmentation de l’espérance
de vie, le rapport entre actifs et retraités, ne cesse de se
réduire.
L’objectif d’une pension égale à 70 % du dernier salaire
s’éloigne progressivement depuis la réforme de 1973 et le
déficit des régimes ne cesse pas de se creuser.
Tous les pays sont confrontés à cette situation et, pour y
faire face, la solution retenue consiste à repousser l’âge
légal de départ à la retraite des actifs, faute de pouvoir
augmenter les recettes.
Ainsi, le gouvernement australien, alors que l’âge légal de
départ à la retraite y est de 60 pour les femmes et de 65
pour les hommes, contre 62 en France compte le repous-
ser, respectivement à 65 et à 67 ans en 2023, puis à 70
ans pour tous en 2035.
C’est devenu une nécessité, dans la mesure où les re-
traites sont prélevés sur les salaires des actifs et qu’il pa-
rait difficile de leur faire payer davantage.
Nous n’échapperons pas, en France, à cette probléma-
tique, alors que l’on tend, au rythme actuel, sans reculer
l’âge de départ à la retraite, à atteindre 1 actif pour 1 re-
traité, impossible à financer.