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page 24 - Numéro 358 du 16 mai 2014
Point de vue
Le ministre de l’Economie mise
sur le développement des voitures électriques
A
rnaud Montebourg a compris que les
automobilistes boudent les voitures
électriques par peur de la panne de
courant, sachant que leur autonomie n’est –
dans la réalité - que de 120 km et encore que
dans de bonnes conditions de circulation,
qui ne sont jamais garanties.
Pour les rassurer, il veut couvrir la France
d’un réseau de bornes de recharge, dispo-
nibles tous les 50 km.
Il vise, dans un premier temps, l’installation,
de 8 000 bornes nouvelles, pour porter le
nombre de points de recharge, d’ici fin 2014,
de 8 000 à 16 000.
Cependant, les premières bornes de recharge ont été ins-
tallées par des acteurs économiques, pour leurs propres
besoins et ne sont pas mises à la disposition du grand pu-
blic.
Pour constituer un réseau cohérant sur l’ensemble du ter-
ritoire, l’Etat portera, selon le ministre de l’Economie, qui
est toujours en charge du Redressement productif, une
vision de l’intérêt général, qui sera mise en oeuvre par
un ou plusieurs opérateurs, chargés, dans une premier
temps de répertorier l’existant, avant d’être en mesure et
de combler les manques.
Les candidats, dont deux sont déjà sur les rangs, seront
choisis en fonction de leurs projets respectifs, une fois
qu’une loi, visant l’implantation des bornes de recharge,
aura été votée.
Installer un site de recharge public n’est pas une mince
affaire, car les batteries des voitures électriques mettent
plus de temps à se recharger, que celui nécessaire à l’au-
tomobiliste à faire un plein de carburant.
Il faut aussi tenir compte du risque d’incendie des batte-
ries en cours de rechargement, qu’il faut estimer et qui
peut nécessiter la mise en place de séparations « coupe
feu » entre les véhicules en cour de rechargement de
leurs batteries.
C’est une activité nouvelle qui peut réserver des surprises.
Grace à cette loi, qui sera présentée par Arnaud Monte-
bourg, les futures bornes ne seront pas financées par la
puissance publique, mais par l’opérateur, qui devra veiller
sur leur approvisionnement en électricité et qui se rému-
néra sur leur usage.
Arnaud Montebourg compte sur le succès des voitures
électriques dans les villes de moins de 50 000 habitants,
où les trajets domicile-travail sont les plus couteux, parce
que l’offre en transport en commun y est réduite, voire
inexistante.
C’est dans ces villes, dit-il, vouloir faire installer les pre-
mières bornes de recharge.
Il considère que l’offre de possibilités de recharge créera
la demande de voitures électriques, en constatant que
les ventes, toujours modestes, ont progressé de 50 % en
2013, par rapport à 2012.
Pour lui, acheter un véhicule électrique, c’est défendre
l’industrie française, puisque la France est le leader mon-
dial sur ce segment, grâce à Renault et à Nissan.