RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 13 - Numéro 428 du 18 décembre 2015
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Point de vue
Les puits à carbone que sont les forêts primaires
sont impérativement à préserver
L
es forêts primaires sont des puits à car-
bone au même titre que les océans,
elles captent dans l’atmosphère des gaz
à effet de serre et elles les libèrent et les
restituent dans l’atmosphère, si elles sont
détruites.
D’après les scientifiques, 18 % au total de
nos émissions mondiales de gaz à effet de
serre trouvent leur origine dans la défores-
tation en zone tropicale, à laquelle il faut
mettre fin.
Les tourbières au sein des forêts primaires,
en Indonésie sont des réservoirs de stoc-
kage de carbone particulièrement efficace
en raison des conditions asphyxiantes de ce milieu, dues
à la présence permanente d’eau.
Les mêmes conditions se présentent en Amazonie, au
Brésil.
Malheureusement, la déforestation, les brûlis ou encore
le drainage des sols pour l’agriculture rendent cet écosys-
tème instable et entraînent la libération de carbone.
En Indonésie et pas seulement, on dégage des terres agri-
coles pour la culture de palmiers à huile et au Brésil pour
le colza et les cannes à sucre, pour la production d’agro
carburants.
Ces pays cherchent à tirer profit d’une demande mondiale
croissante, ce qui est difficile de leur reprocher, d’autant
plus qu’ils y sont incités par des multinationales, attirées
par le profit.
Lorsque le tapis végétal qui recouvre le sol disparaît, le
niveau de l’eau baisse, les arbres se raréfient et des in-
cendies se déclarent sur ces surfaces désormais sèches,
entraînant là encore d’énormes relargages de carbone.
L’action de l’homme qui libère le carbone naturellement
stocké dans les forêts, réduit également la capacité d’ab-
sorption globale de la biosphère, ce qui produit des effets
négatifs en cascade.
Même si les surfaces sont ensuite reboisées, ce qui se
pratique pour préserver l’équilibre dans les zones dévas-
tées, il faut attendre près de quinze ans pour retrouver un
bilan carbone positif.
Par ailleurs, l’impact du réchauffement climatique sur le
stock de carbone, bien qu’examiné par plusieurs groupes
de scientifiques, n’a pas permis d’arriver à une quel-
conque conclusion définitive.
D’un côté, la hausse des températures et un taux d’hu-
midité plus élevé entraînent une accélération de la crois-
sance des végétaux, d’où une captation plus forte de car-
bone, ce qui est positif.
De l’autre côté, la décomposition de l’humus par les orga-
nismes microbiens conduit à une augmentation des émis-
sions de gaz à effet de serre.
Les chercheurs tentent actuellement à déterminer l’im-
pact de ces évolutions en termes d’émission globale de
carbone.
Une chose est certaine, il est temps de mettre fin à la dé-
forestation, afin de préserver ce qui reste des forêts pri-
maires.