n°424 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 20 novembre 2015 - page 26

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page 26 - Numéro 424 du 20 novembre 2015
Point de vue
Polémique à propos du calcul
des émissions de gaz à effet de serre pays par pays
L
’ONU, dans un rapport du Pro-
gramme des Nations-Unies pour
l’environnement, le PNUE pré-
vient que les promesses des Etats
sont loin d’être suffisantes pour limi-
ter la hausse des températures, ne
serait-ce qu’aux deux degrés Celsius
recommandés pour prévenir des
pires impacts du changement clima-
tique.
Au-delà de ce seuil de 2 degrés, se-
lon les scientifiques, le climat pour-
rait s’emballer, avec une accélération
du dérèglement déjà à l’oeuvre et de
ses conséquences, comme la fonte
des glaciers, la hausse du niveau
des mers, l’érosion des côtes, séche-
resse et phénomènes climatiques
extrêmes, avec des impacts irréver-
sibles de la vie sur terre.
Chaque pays doit y contribuer en fonction du nombre
de ses habitants, en limitant la quantité de gaz à effet de
serre émise par habitant, désigné par « empreinte car-
bone », sans creuser les inégalités.
L’inventaire national des émissions de gaz à effet de serre
est celui qui est produit conformément à la Convention
cadre des Nations Unies, la CCNUCC, qui comptabilise
les rejets de carbone liés aux biens et services produits
à l’intérieur de chaque territoire, pour la consommation
intérieure comme pour l’exportation.
Si l’on s’en tient à cette définition, la France figure en
bonne position, pour les principaux gaz à effet de serre,
ses émissions sont en baisse de 15 % par rapport à 1990,
ce qui lui a permis de dépasser les objectifs du protocole
de Kyoto, qu’elle a ratifié en son temps.
Cependant, elle doit ce bon résultat au déficit de son
commerce extérieur, en important plus de produits et de
services, qu’elle en exporte.
La France est vertueuse en matière d’émission de gaz à
effet de serre, si l’on s’en tient au seul inventaire national,
alors qu’elle l’est beaucoup moins si l’on considère son
empreinte carbone global, qui intégré les rejets de car-
bone générés à l’étranger, par les bien fabriqués notam-
ment en Chine et par les services transférés en Afrique du
Nord et, en Europe, dans des pays de l’Est.
La Commission générale du développement durable
souligne que les émissions dues aux importations repré-
sentent désormais la moitié de l’empreinte carbone de la
consommation en France et que cette part, non compta-
bilisée a augmenté de 54 %, entre 1990 et 2012.
Le ministère de l’Ecologie n’ignore pas cette situation et a
prévu, dans la loi de transition énergétique, promulguée
le 17 août dernier que la France veille à ne pas substituer
à l’effort national d’atténuation, une augmentation du
contenu carbone des importations.
Ce sont des effets d’annonce car, si le fait d’acheter un ca-
napé fabriqué en France plutôt qu’en Italie, est bon pour
l’emploi dans notre pays, cela ne changera en rien le bilan
carbone globale sur terre.
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