RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 31 - Numéro 424 du 20 novembre 2015
Abonnement gratuit sur
Point de vue
Un accord international condamne l’usage
des HFC à fort effet de serre à partir de 2016
L
a
condamnation
de
l’usage des HFC vient de
faire l’objet d’un accord
international signé à Dubaï
dans les Emirats Arabes.
Les HFC sont utilisés depuis
des années, dans les réfri-
gérateurs et climatiseurs
comme substituant aux CFC,
des gaz responsables du trou
dans la couche d’ozone et
interdits par le protocole de
Montréal de 1987.
Cependant, on s’est rendu
compte que si les HFC épar-
gnent la couche d’ozone, ils
ont un important effet de
serre.
Une seule molécule de HFC
a 3 000 fois plus d’effet de serre, qu’une molécule de
dioxyde de carbone.
L’arrêt de l’usage de ce gaz, qui se développe fortement,
aurait une incidence de moins 0,5 degré sur le réchauf-
fement atmosphérique, ce qui fait que l’accord de Dubaï
s’inscrit dans la lutte contre celui-ci.
Selon les experts, l’arrêt de l’usage de HFC réduirait les
émissions de gaz à effet de serre de 1,1 à 1,7 milliard de
tonnes équivalents de CO2 dans l’atmosphère, chaque
année.
L’arrêt des HFC est un élément majeur pour le climat, qui
a fait l’objet de longues négociations, dont on peut noter
l’aboutissement heureux, sous réserve de quelques op-
positions, avant la COP21.
Cependant, il faut croire qu’il y a d’importants enjeux éco-
nomiques à la clé, d’où des hostilités à ne pas vouloir pas
condamner les HFC, notamment du fait des entreprises
pétrolières, tant que des solutions de remplacement pour
les climatiseurs dans les pays très chauds n’auront pas été
trouvées.
Des pays comme l’Inde ou encore des pays du Golfe ne se
prononceront sur l’accord qu’après la COP 21.
Or, plusieurs solutions existent, proposées notamment
par Arkema et d’autres industriels et ont pu être testées
avec succès à l’Oak Ridge National Laboratoire du dépar-
tement of Energy américain.
Le remplacement n’aurait, dit-on, qu’un faible coût initial
et permettrait d’améliorer l’efficacité énergétique des
équipements jusqu’à 50 %.
Cependant, pour Sophie Godin Beekman experte ozone,
et directrice de recherches CNRS au Laboratoire atmos-
phères, milieux, observations spatiales à Paris, il faut les
tester avec attention, tant du point de vue de leur inno-
cuité de fabrication que de leur impact environnemental.
Comme on a été échaudé avec les HFC, la prudence s’im-
pose.