n°424 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 20 novembre 2015 - page 18

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page 18 - Numéro 424 du 20 novembre 2015
Point de vue
Les médecins libéraux étaient en grève
pour 3 jours à partir du vendredi 13
L
eur grève a été perturbée par les attentats à Paris et
à Saint Denis et de nombreux médecins se sont mis à
la disposition des services des urgences des hôpitaux
parisiens, qui ont apprécié ce renfort et il s’inscrit à leur
honneur.
Rappelons que les syndicats de médecin libéraux appe-
laient de nouveau à une grève, cette fois-ci de trois jours,
pour peser sur le vote des députés, devant statuer en se-
conde lecture à l’Assemblée nationale sur le texte instau-
rant la généralisation du tiers payant.
Il s’agit de réaliser une promesse de campagne de Fran-
çois Hollande, destinée à dispenser les patients d’avancer
les honoraires des consultations, pour peser sur le renon-
cement aux soins pour raison financière.
Le tiers payant fonctionne, apparemment sans difficultés,
dans les pharmacies et les laboratoires, qui l’acceptent
sans rechigner.
Par contre, les médecins libéraux dénoncent ce projet, en
ce qui les concerne, depuis qu’il a été présenté, une pro-
messe démagogique selon eux, qui préfigure un risque
de mainmise des mutuelles, sur leurs prescriptions, une
charge de travail administrative supplémentaire et le dan-
ger de voir augmenter les impayés.
Si la ministre de la Santé, Marisol Touraine a tout fait pour
rassurer les praticiens quant au travail supplémentaire
et aux impayés, par des dispositions appropriées et une
période transitoire, il reste le procès d’intention fait aux
mutuelles, en fait aux assureurs santé complémentaires,
de mainmise sur les ordonnances.
Mais de quelle manière et en ont-ils les moyens ?
Ce procès d’intention a été étendu à l’Assurance maladie
par Jean Paul Ortiz, le président de la CSMF, qui craint, en
allant plus loin, que cette mesure signe le début de la fin
de la médecine libérale.
Selon lui, en étant payé par l’Assurance maladie et les
complémentaires santé et non plus par les patients, nous
allons, passer sous leur coupe financière, dit-il, en ajou-
tant :
« Nous pourrions ainsi perdre notre liberté profession-
nelle, imaginez que l’Assurance maladie conditionne son
paiement au respect de telle ou telle démarche ou à telle
prescription. »
Pour conclure, il appelle les médecins à la désobéissance,
et à ne pas appliquer cette mesure, et ce dès 2016.
Alors que le projet de loi pourrait être adopté d’ici à
quelques semaines, le gouvernement a le choix entre
passer en force ou reprendre la concertation, dans l’es-
poir de rétablir la confiance avec les syndicats médicaux
et d’aboutir à un accord.
Entre-temps, les principaux syndicats ont prévu de boy-
cotter la grande conférence de santé qui doit se tenir le
11 février prochain, sous l’égide du Premier ministre, Ma-
nuel Valls.
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