RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 19 - Numéro 424 du 20 novembre 2015
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Point de vue
L’annonce de 100 % d’électricité verte
pour éclairer Paris est un leurre
L
a maire de Paris, Anne Hidalgo, pour
montrer qu’elle fait de sa ville un ac-
teur de la lutte contre le réchauffe-
ment de la planète, a décidé, parmi les
mesures phares, que dès 2016, l’ensemble
des bâtiments municipaux et de l’éclairage
de la capitale seront alimentés par une
électricité 100 % renouvelables.
A cet effet, la Ville de Paris exigera, désor-
mais, à l’occasion du renouvellement de
ses contrats, l’engagement de ses fournis-
seurs, d’alimenter la capitale par une élec-
tricité 100 % renouvelable.
EDF et Direct Energie, les deux entreprises
retenues par la municipalité parisienne,
se sont prêtées à ce jeu en s’engageant
à fournir une électricité produite à partir
d’énergie hydraulique, solaire et éolienne.
Elles devront garantir cette origine à tra-
vers de certificats homologués, en dé-
montrant qu’elles produisent de l’énergie renouvelable
en quantité supérieure à la consommation de leur client.
Anne Hidalgo se satisfait du fait de savoir que la quantité
d’électricité injectée dans le réseau d’origine renouve-
lable est supérieure à celle consommé par Paris, ce qui
ne peut tromper personne.
En effet l’origine de l’électricité consommée en France
est parfaitement connue, 75 % sont d’origine nucléaire,
près de 15 % proviennent de barrages et sont d’origine
hydraulique et les 10 % restant proviennent des nouvelles
sources renouvelables, l’éolien, le solaire et la biomasse
et, pour faire l’appoint, il reste quelques centrales ther-
miques, fonctionnant au fuel ou au gaz.
En cas de besoin, EDF, responsable de notre approvision-
nement a la possibilité d’activer ses contrats d’importa-
tion, notamment d’Allemagne, sans se faire d’illusion sur
l’origine de l’électricité importée.
Une chose est certaine, le courant électrique cheminant
sous forme d’électrons dans les fils, il n’est pas possible
de distinguer un électron vert d’un autre électron, ce qui
fait, qu’en ce moment, Paris consomme, comme tout un,
chaque un, tout au plus 20 % d’électricité renouvelable,
en fonction de l’état des approvisionnements, sauf à dis-
poser d’un réseau privé, acheminant exclusivement de
l’électricité verte, ce qui est théoriquement possible mais
n’est pas le cas.
Par contre, Paris peut suivre une politique de modération
de sa consommation électrique, non pas en rognant sur
l’éclairage public, mais en portant son choix sur des équi-
pements performants, dans le cadre des programmes de
rénovation des installations.
Ce programme peut être étendu à l’éclairage des bâti-
ments municipaux et notamment aux écoles, en sachant
qu’en réduisant sa consommation d’électricité, elle réduit
en même temps ce poste de coût de fonctionnement, ce
dont les contribuables lui sauront gré.