RiskAssur-hebdo_418_09102015 - page 27

RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 27 - Numéro 418 du 9 octobre 2015
Abonnement gratuit sur
Point de vue
Le dégel des glaces multiplie
les écroulements rocheux en montagne
L
e réchauffement climatique pro-
voque le dégel des glaces, qui est le
ciment des rochers, dont il provoque
des écroulements, dangereux pour ceux
qui les pratiquent, à titre professionnel
ou à titre sportif, de plus en plus nom-
breux, notamment dans le massif des
Alpes.
C’est la dégradation rapide, sous l’effet
de la chaleur inhabituelle du permafrost,
qui sont des terrains gelés depuis des dé-
cennies, voire des millénaires, est à l’ori-
gine de ce phénomène.
Ce mouvement est irréversible, sauf si
de fortes chutes de neige, permettent de
reconstituer les glaciers, ce qui, malheu-
reusement ne prend pas le chemin.
Avec au moins 150 écroulements recensés dans le massif
du Mont-Blanc depuis le début de l’été, le niveau atteint
lors de la canicule de 2003 a déjà été dépassé cette an-
née.
Le terme écroulement s’applique au-delà de 100 mètres
cubes de rochers détachés de la montagne, explique Lu-
dovic Ravanel, chargé de recherches CNRS au laboratoire
Edytem au Bourget du Lac, qui analyse ce phénomène.
Ludovic Ravanel précise :
« Il ne faut pas voir les hautes montagnes comme quelque
chose d’extrêmement solide, souvent c’est simplement
un enchevêtrement d’éléments rocheux dont la stabilité
est assurée par la présence de glaces ».
En ajoutant :
« Si l’on fait fondre le ciment des montagnes, des pans
entiers de versants peuvent se déstabiliser ».
A partir de photos, il a reconstitué cent cinquante ans
d’évolution des parois rocheuses des aiguilles de Chamo-
nix et mis en lumière la concomitance des écroulements
avec les années de fortes chaleurs.
Depuis 2007, un réseau d’observation permet de recen-
ser tous les écroulements sur les deux tiers du massif du
Mont-Blanc.
650 événements de 100 mètres cubes à 45 000 mètres
cubes ont ainsi été comptabilisés, en sachant que la plu-
part des effondrements de parois se produisent en prin-
cipe entre 3 100 et 3 500 mètres d’altitude.
Les plus gros effondrements surviennent en automne ou
en début d’hiver, car la chaleur met longtemps à pénétrer
dans la montagne et continue à avancer, même si le re-
gèle en surface a commencé.
Cette année, compte tenu des records de chaleur, des
écroulements importants sont encore probables dans les
prochains mois.
Les alpinistes sont donc obligés, plus que jamais d’aban-
donner, par mesure de sécurité, certains itinéraires ou de
les emprunter plus tôt dans la saison.
Ils s’exposent, comme les skieurs, aussi aux avalanches,
car la chaleur déstabilise les couches de neige.
1...,17,18,19,20,21,22,23,24,25,26 28,29,30,31,32,33,34,35,36,37,...44
Powered by FlippingBook