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page 24 - Numéro 418 du 9 octobre 2015
Point de vue
Les tests sur les véhicules diesel annoncés
par Ségolène Royal peuvent commencer
M
otivées par les révélations
sur les tricheries de Volk-
swagen, la marque et son
slogan « Das Auto », en matière
de niveaux de pollution, l’organi-
sation des tests aléatoires sur les
véhicules en circulation en France
se présente sous les meilleurs aus-
pices.
La ministre de l’Ecologie, Ségolène
Royal, qui est à l’origine de cette
mesure, c’est rendu au centre d’es-
sai du laboratoire d’homologation
UTAC Ceram à Linas Montlhéry,
près de Paris, où se préparent les
tests, pour s’assurer de leur bon
déroulement.
Dans un premier temps il s’agit d’éprouver la méthodolo-
gie de vérification élaborée en collaboration avec la direc-
tion générale de l’énergie et du climat.
A cet effet, un premier lot de dix véhicules sélection-
nés par une société de location, dont deux Volkswagen
frauduleuses, a commencé à être testé, justement pour
éprouver cette méthodologie une fois définie.
Les voitures à tester en France seront tirées au sort dans
le tout-venant de la circulation, tout en respectant un
équilibre entre tous les types et les marques de véhicules
représentatifs du parc diesel en circulation.
Les propriétaires de ces véhicules devront être volon-
taires, car le passage par ce test ne doit pas être perçu
comme une pénalité ou comme une contrainte.
Les véhicules retenus seront testés dans des conditions
réelles de circulation, en étant envoyé pour 24 heures à
48 heures sur le site de Montlhéry.
Ils seront essayés sur le cycle d’homologation classique
en laboratoire, puis sur route, équipée d’un système por-
table de mesure des émissions, un PEMS.
Lors de ce test, ils seront conduits par leur propriétaire.
Ce système embarqué n’est autre que l’appareil de me-
sure qui est appelé à être utilisé dans le futur cycle d’ho-
mologation des véhicules, actuellement discuté au niveau
européen, ce qui laisse penser que les tests d’homologa-
tions actuels, effectués en laboratoire, ne sont pas suffi-
sants, ce qui n’a rien de rassurant quant à la fiabilité des
homologations.
Pour ce qui est des tests à effectuer, le choix entre les mo-
dalités de contrôle reviendra à une commission de suivi,
dont la constitution n’était pas encore définitivement ar-
rêtée au moment de la visite de la ministre à Montlhéry.
La ministre attend une réforme rapide des procédures de
contrôle européennes des normes antipollution, dont le
scandale Volkswagen a révélé les insuffisances.
L’ONG France Nature et Environnement, pressentie pour
faire partie de la commission, attendent des construc-
teurs, en cas d’écart constaté entre les émissions et les
normes, une reconnaissance de leur part de contribution
à la pollution.