RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 27 - Numéro 415 du 18 septembre 2015
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Point de vue
La centrale de Fessenheim est condamnée
à rester en activité
L
e gouvernement ne peut pas
prendre le risque de laisser le
pays manquer d’électricité, pour
tenir une promesse électorale de
François Hollande.
Rappelons que la fermeture des deux
réacteurs de la centrale de Fessen-
heim est conditionnée par la mise en
service de l’EPR de Flamanville dans
la Manche, qui aurait dû être raccor-
dé au réseau de distribution d’élec-
tricité par EDF avant fin 2012.
Or, il s’agit du premier réacteur
de 5ème génération construit en
France, avec lequel EDF et ses
sous-traitants, n’ont pas fini d’essuyer les plâtres, c’est le
moins que l’on puisse en dire.
Il était normal de s’attendre à des retards et à des surcoûts,
mais pas à ce point.
Si certain ont pu envisager d’abandonner le projet, la po-
sition de la France dans le domaine nucléaire ne l’a pas
permis et il n’en a jamais été question officiellement.
Début septembre, le nouveau PDG d’Electricité de France,
Jean-Bernard Lévy, a annoncé un nouveau glissement du
calendrier de l’EPR et un nouveau devis qui est passé de
3,3 milliards d’euros à 10,5 milliards au fil du temps, pour
une mise en service au quatrième trimestre 2018, en s’y
impliquant personnellement.
Cependant, compte tenu du délai nécessaire à la mon-
tée en puissance de la nouvelle centrale et des tests de
fonctionnement et de sécurité, qui peuvent durer des se-
maines, voire des mois, avant d’obtenir l’autorisation de
mise en service de l’Autorité de sûreté nucléaire, l’arrêt
de Fessenheim sera retardée d’autant et n’aura pas lieu
avant courant 2019.
Dans ce contexte, la fermeture prématurée des deux ré-
acteurs de Fessenheim, promise par le candidat François
Hollande, dans le cadre de sa campagne électorale, ne se-
rait pas réaliste, malgré les cris d’orfraie, poussée par les
adversaires du nucléaire, à l’annonce de ce retard et qui
se sentent aujourd’hui trahis par le Président en exercice.
Cependant, la loi de transition énergétique votée en juil-
let au Parlementa change la donne, en prévoyant désor-
mais un plafonnement des capacités électronucléaires de
la France à son niveau actuel de 63,2 gigawatts, qu’il faut
maintenir à tout prix, au risque de priver le pays d’élec-
tricité.
Autrement dit, Fessenheim ou d’autres centrales de capa-
cité identique devront fermer, à l’occasion de la mise en
service de Flamanville, pour éviter de dépasser le plafond
de production légal, mais pas avant.
Les écologistes et les mouvements antinucléaires ont
fait de la fermeture de Fessenheim un symbole, mais il
n’est pas encore acquis que la réduction de la capacité
nucléaire, une fois Flamanville mis en service, passera par
la fermeture de Fessenheim.
Certains scénarios évoquent d’autres fermetures, voire
de ne fermer que l’un des deux réacteurs de Fessenheim,
pour conserver une activité dans la région, celui dont la
durée de fonctionnement vient d’être prolongée au-delà
de 40 ans pourrait rester en activité.