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page 22 - Numéro 415 du 18 septembre 2015
Commentaire
Le dilemme des épargnants
face au manque de visibilité de l’assurance vie
L
’assurance vie présente toujours un
régime fiscal privilégié par rapport
aux autres placements, à la seule
condition de ne pas y toucher avant 8 ans.
Destiné par le passé à mettre de l’argent
de côté au bénéfice des héritiers, l’assu-
rance vie tient lieu, de plus en plus, de plan
d’épargne pour la retraite, en s’avérant
plus souple que les plans d’épargne-re-
traite dédiés et généralement, moins
chargées en frais.
Les épargnants français sont très attachés
à la garantie de leur épargne, ce qui ex-
plique leur préférence pour les contrats
exprimés en euros, avec son système de
cliquet, qui garantit le remboursement du
capital épargné et des intérêts, dont leur contrat est cré-
dité, année par année.
Les assureurs ont conçu, il y a quelque temps déjà, à côté
des contrats à capital garanti, des contrats en unités de
compte, qui permettent aux épargnants de placer tout ou
partie de leur épargne, à leurs risques et périls, en bourse,
tout en bénéficiant, pour les plus-values, du régime fiscal
de l’assurance vie.
Ces contrats connaissent un succès croissant du fait de la
baisse continue du rendement des contrats en euros, ce
qui incite des épargnants à prendre quelques de risques.
Pourtant, les contrats en euros n’ont pas démérité, ils ont
toujours couvert l’inflation, plus un petit 2 points, hormis
les contrats fermés à la souscription, les parents pauvres
de l’assurance vie.
C’est dans ce contexte que la loi de finance pour 2014 a
instauré son fonds « eurocroissance » présenté comme le
3ème pilier de l’assurance vie, pour inciter les assureurs
à placer une partie des fonds qui leur sont confiés par les
épargnants, en bourse.
Les fonds d’eurocroissance, qui peuvent s’ajouter à des
contrats en unités de compte en cours, ne garantissent la
capital investis qu’au terme de 8 ans, au moins.
Pendant cette première période qui suit la souscription,
le capital n’est pas indisponible, mais sa valeur subit les
fluctuations des valeurs dans lesquelles il a été investi par
l’assureur.
Aussi, l’assuré qui désire récupérer son argent peut se
trouver en perte.
Au bout de 8 ans, voire plus si le contrat prévoit une du-
rée plus longue, tout risque de perte est écarté, l’assuré
est garanti, en choisissant ce type de produit, de retrou-
ver au minimum son investissement, net des frais, voire
plus, si le marché financier était bien orienté.
Par la suite, le contrat se poursuit, avec le bénéfice du
cliquet et l’épargne acquise ne peut plus baisser et il est
possible de vérifier si l’épargnant a été gagnant ou non en
choisissant cette nouvelle formule.
Cette moindre garantie par rapport aux fonds en euros
classiques, doit permettre aux assureurs de mener une
gestion financière plus diversifiée, laissant plus de place
notamment aux actions et à l’immobilier.