RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 31 - Numéro 415 du 18 septembre 2015
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Point de vue
Les avantages des captives sont nombreux, on peut
lister les principaux. La captive permet de :
ü
recueillir automatiquement les informations
sur les risques des filiales dans un groupe dé-
centralisé ;
ü
réduire le coût des couvertures d’assurances
en contenant les coups de frictions ;
ü
tirer le meilleur parti des effets d’une ges-
tion rigoureuse des risques en évitant de de-
voir compter sur la mutualisation au niveau
de l’industrie ;
ü
engranger les rendements sur les investisse-
ments des réserves ;
ü
renforcer l’intérêt de l’organisme pour les
efforts de réduction, puisqu’ils sont récom-
pensés ;
ü
permettre un accès direct au marché mon-
dial de la réassurance, pour obtenir des taux
plus avantageux ;
ü
ouvrir la possibilité de financer des risques
pour lesquels il n’existe pas de marché com-
mercial établi ; et enfin
ü
optimiser la fiscalité relative au financement
des risques.
Bien entendu, le principal inconvénient est de
mobiliser des capitaux, toutefois la montée
en régime peut être progressive et de ce fait
la marche de la captive vers la maturité va lui
permettre d’augmenter son niveau de rétention
et donc de dépendre moins des assurances
commerciales.
Les Bermudes s’intéressent-elles à
l’Afrique
?
Du fait des compétences des acteurs économiques de
l’Ile et de la réglementation à la fois souple et rigoureuse,
les Bermudes ont été impliquées dans la création d’une
nouvelle structure émanant des pays concernés, connue
sous le nom d’ARC, qui est un pool d’assurance.
Le projet est placé sous l’autorité de l’Union Africaine
avec pour objectif de procurer une large assurance
catastrophe en matière de sécurité alimentaire pour les
pays adhérents
5
.
Bien que les dates, lieux et intensités des événements
restent « incertains », les événements climatiques
5
Les cinq premiers adhérents dès 2014 : Kenya, Mauritanie,
Mozambique, Niger, S
é
n
é
gal. Huit états doivent rejoindre l’accord en
2015, et l’objectif 2019 est d’au moins 20 adhérents.
qui influencent la production agricole en Afrique sont
modélisables, mais exige que l’on tienne compte de
la dérive lourde que pèse sur ces facteurs du fait du
changement du climat au niveau de la sécheresse, des
pluies erratiques, et des températures élevées.
Les analyses conduites par ARC donnent à penser qu’une
sécheresse catastrophique en Afrique sub-saharienne
pourrait induire des pertes à hauteur de 3 Milliard $, ce
qui représenterait une tension sans précédent sur les
finances des pays concernés, et de leurs donateurs.
L’objet de l’exercice est de canaliser la discussion avec les
dirigeants politiques sur l’efficacité et l’impact de l’ARC
afin de créer une dynamique et une politique sérieuse et
coordonnée de gestion du risque de sécheresse.
En tant que pool d’assurance, l’ARC a pour objectif
de capitaliser sur la diversification qu’offrent les pays
africains de façon à mettre en place une gestion
mutualisée de ce risque.
Ces techniques traditionnelles sont mise en œuvre de
façon innovatrice pour contenir le coût des réponses
aux situations de catastrophe alimentaire, pour éviter
qu’elles ne se transforment en crise humanitaire.
Les Bermudes ont apporté leur soutien financier et leur
aide technique en formant à Hamilton les principaux
cadres impliquésdans lamiseenplacedesdeux structures
qui composent l’ARC
6
avec les éléments suivants :
*
Le capital initial provient des cotisations des pays
participants, ainsi que des contributions initiales des
partenaires ;
*
ARC travaille avec les pays pour déterminer les coti-
sations et établir les règles d’indemnisation de façon
prédéterminée et transparente ;
*
Chaque pays choisi son niveau de participation
au pool en choisissant leur niveau de rétention du
risque et les financements qu’ils souhaitent recevoir
de l’ARC en fonction de la sévérité de la sécheresse
(les couvertures offertes par ARC seront étendues
ultérieurement à d’autres risques comme l’inonda-
tion)
*
Des plans opérationnels visant à optimiser les charges
de l’ARC doivent être mis en place pour prendre en
compte l’existant dans les différents pays adhérents
au niveau de la prise en charge de ce risque.
6
Les deux entités composant l’ARC sont:
ü
RC Agency, une agence spécialisée de l’Union Africaine
créée par un traité
ü
ARC Insurance Company Limited, une compagnie hybride
avec un fonctionnement partiellement mutuel et domici-
liée aux Bermudes