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page 26 - Numéro 415 du 18 septembre 2015
Point de vue
Reprise en main par EDF de la construction
de l’EPR de Flamanville
L
e nouveau Président-Directeur Général
d’Electricité de France (EDF), Jean Ber-
nard Lévy, s’engage personnellement sur
une date précise et un coût final de la mise
en service du premier réacteur français de
troisième génération, un EPR, en s’appuyant
sur un plan d’optimisation du pilotage de ce
chantier, tombé en déshérence.
La situation qu’il a rencontrée fait penser à
celle qu’a trouvée en son temps le « patron
» de Renault, qui n’arrivait même pas, selon
ses dires, à disposer pour lui d’une voiture de
fonction en état de marche.
Précisons que l’EPR en question, le chantier
du réacteur nucléaire de 1 650 mégawatts,
un prototype édifié sur le site de Flaman-
ville dans la Manche 2007 devait coûter 3
milliards d’euros et entrer en production en
2012.
De retard en retard, à la révision du coût, suit à de mul-
tiples malfaçons, le chargement du combustible et le dé-
marrage du réacteur ne devrait pas intervenir avant 2018,
soit avec 6 ans de retard sur le programme initial et ce
pour un coût final de 10,5 milliards d’euros, soit 3,5 fois
le budget initial.
La mise en service de l’EPR de Flamanville devait être at-
tendue avec impatience par le Président Hollande, pour
permettre l’arrêt des deux réacteurs de la centrale alsa-
cienne de Fessenheim, promis avant la fin de son mandat
et qui devront rester en activité, très au-delà, en atten-
dant.
Dès sa nomination, Jean-Bernard Lévy avait annoncé
qu’il lancerait un audit complet pour identifier toutes les
causes des retards et des surcoûts, pour trouver les re-
mèdes, conformément à sa lettre de mission, où le gou-
vernement lui demandait d’améliorer la gestion du chan-
tier et de le livrer en optimisant les coûts et les délais.
Pour lui, seule la maîtrise industrielle du chantier permet-
tra de tenir les engagements pris.
Le directeur du site, qui aura autorité sur l’ensemble du
projet lui sera directement rattaché et au directeur exé-
cutif chargé de l’ingénierie et des projets « nouveau nu-
cléaire ».
Le plan prévoit la mise en place d’instance commune
entre EDF, maître d’oeuvre et d’ouvrage et ses multiples
partenaires, dont Areva et Alstom, pour mieux coordon-
ner l’exécution des travaux.
EDF a également redéfini le cadre contractuel, qui devait
en avoir besoin, celui qui le lie à ses fournisseurs.
On croit savoir que tous les contrats ont été renégociés,
avec un intéressement pour le bon exécutant, comme
des pénalités pour ceux qui ne respectent pas le cahier
des charges.
Dans ces conditions, sauf accident majeur, le nouveau
« patron » d’EDF devrait pouvoir raccorder l’EPR de Fla-
manville au réseau, en 2018.