n°409 de RiskAssur-hebdo du Vendredi 26 juin 2015 - page 24

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page 24 - Numéro 409 du 26 juin 2015
Point de vue
La fuite des généralistes touche désormais
aussi les grandes villes à commencer par Paris
N
ous disposons de l’édition 2015 de
l’Atlas de la démographie médicale
publié par l’ordre des médecins, qui
vient juste de sortir, en nous arrêtant aux
généralistes, la question des spécialistes
étant un problème à part.
Entre 2007 et 2015, ce sont 1 835 généra-
listes ont quitté l’Ile de France , mais ils sont
surtout partis de Paris.
Pour Jean-François Rault, président de la
section santé publique et démographie
médicale de l’Ordre des médecins, qui a
commenté ces chiffres pour la presse, il
s’agit d’une tendance amorcée depuis sept
ou huit ans.
Pour les généralistes, l’immobilier est deve-
nu trop cher à Paris, comparé au prix de la
consultation à 23 euros, mais il y a aussi un changement
de mentalité chez les jeunes médecins, qui ont de plus en
plus la tendance à essayer de concilier leur qualité de vie
et leur profession.
Etant donné le prix de l’immobilier, ils sont souvent ame-
nés à s’installer en dehors de la ville et ils n’ont plus envie
de subir dans les transports quotidiens, le stress lié à une
grande métropole.
Pour cette raison, ils sont de plus en plus nombreux à par-
tir vers des régions qui correspondent davantage à leurs
attentes.
Ce phénomène qui touche Paris, avec 40 % des départs
d’Ile de France, touche aussi d’autres grandes villes avec
un certain tropisme pour les côtes.
Ainsi, sept régions en bord de mer ont vu, entre 2007 et
2015 leurs effectifs augmenter, avec comme champion
les Pays de Loire, avec une augmentation de 6 % de leurs
effectifs.
On observe qu’environ un quart des médecins ayant quit-
té, durant cette période, leur région pour la Bretagne ou
les Pays de Loire venaient d’Ile de France.
Heureusement, l’Ile de France n’est pas devenu, pour
autant un désert médical, car avec 346,3 médecins pour
100 000 habitants, sa densité médicale est la deuxième
la plus élevée de France, derrière la région Paca, qui avec
352 médecins pour 100 000 habitants a ses propres at-
traits pour le corps médical.
Cependant, pour enrayer cette fuite de médecins de la
capitale, il va falloir, précise Jean-François Rault, trouver
des solutions, notamment pour trouver des locaux adap-
tés à la profession et surtout avec des tarifs de location
intéressants pour pouvoir retenir les médecins à Paris.
Pour ce qui est des déserts médicaux, c’est la France ru-
rale qui est la plus affectée, avec des baisses, depuis 2007
de 16 % pour la Nièvre et de 14% pour le Cher, sans toute-
fois rattraper l’Eure, l’Ain et la Mayenne, les trois départe-
ments avec la plus faible densité médicale de France, qui
oscille autour de 170 médecins pour 100 000 habitants.
Pourtant, toutes ces régions ont leur charme, qu’il faut
pouvoir exploiter.
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