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page 20 - Numéro 409 du 26 juin 2015
Point de vue
L’affaire Vincent Lambert pèse sur la conclusion
du débat de la Loi sur la fin de vie
L
e candidat François Hollande
avait promis de revenir sur
la loi Léonetti de 2005 sur la
fin de vie, ce qui laissait suppo-
ser un pas en avant en direction
de l’euthanasie, bien qu’il eût
soigneusement évité d’utiliser
ce terme.
Le texte présenté par les dé-
putés Alain Claeys et Jean Leo-
netti prévoit la création, sous
conditions, d’un droit de « dor-
mir avant de mourir » sous la
forme d’une sédation profonde
et continue, jusqu’au décès des
patients.
Ce texte s’appuie sur les « droits
des malades » d’organiser leur
fin de vie, sans parler d’euthanasie active, ni de suicide
assisté.
La loi à voter définitivement donne également un carac-
tère contraignant aux directives anticipées rédigées par
les malades.
De plus, ce document dans lequel chacun peut stipuler à
l’avance son refus d’un acharnement thérapeutique dans
l’hypothèse où il ne serait plus en mesure de s’exprimer,
s’imposerait aux médecins.
Il a reçu le soutien de la Société Française d’accompagne-
ment et de Soins Palliatifs et a été largement adopté en
première lecture par l’Assemblée nationale le 17 mars
dernier, en attendant de passer au Sénat.
Au Sénat, le débat risque d’être animé comme lemontrent
les discussions en commissions relatives au recours à la
sédation profonde, que la commission souhaite limiter au
seul droit de ne pas souffrir.
En conséquence, elle a remis en cause le lien automa-
tique établi par les députés entre la sédation profonde et
l’arrêt de tous les traitements de maintien en vie.
La question de la légalisation du suicide assisté ne man-
quera pas d’être abordée au Sénat et des parlementaires
de toute tendance doivent tenir une conférence de
presse, en présence de Jean-Luc Romero, président de
l’Association pour le droit de mourir dans la dignité.
Cette conférence de presse a pour objet de promouvoir
des amendements en faveur d’un « droit de mourir » qui
ne manqueront pas d’être déposés.
Un amendement déjà déposé, signé par une quarantaine
de sénateurs, propose notamment d’instaurer un droit à
une assistance médicalisée permettant, par acte délibé-
ré, une mort rapide et sans douleur, accompli par la per-
sonne elle-même ou par le médecin qu’elle a choisi, n’a
aucune chance de passer.