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page 28 - Numéro 396 du 27 mars 2015
Point de vue
Les forêts sont les poumons du monde
et il faut les reconstituer
A
près des décennies de déforestation sans retenue,
le mal est fait, même si des pays viennent s’enga-
ger à la restauration de plus de 60 millions d’hec-
tares de forêts, d’ici 2020.
C’est l’oeuvre de l’Union internationale de conservation
de la nature l’UICN, créée à Bonn en 2011, à l’initiative de
l’Allemagne et qui regroupe une quinzaine de pays.
Le total des engagements s’élève désormais à 61,9 mil-
lions d’hectares pour un objectif de 150 millions d’ici
2020 d’hectares.
Ces engagements ont été pris uniquement par de pays
latino-américains, asiatiques et africains.
A cette occasion, le directeur général de l’UICN, Inger An-
dersen a précisé que le « Monde reconnaît que la res-
tauration des paysages forestiers est une contribution
majeure pour faire face aux défis mondiaux, tels que le
changement climatique, la sauvegarde de la biodiversité
et la sécurité alimentaire.
Pour la ministre norvégienne de l’environnement, Tine
Sundtoft, « Nous devons activement capter des émissions
de CO2 dans l’atmosphère et la restauration des forêts est
le moyen le plus simple de le faire à moindre coût.
Cependant, il faut impérativement mettre fin à la défo-
restation pour gagner des terres agricoles non indispen-
sables à l’alimentation humaine, mais destinés, comme
au Brésil à la production d’agro- carburants, car les forêts
une fois détruites relâchent dans l’atmosphère le CO2 ab-
sorbé de leur vivant, que faute de repères, on n’est pas
comptabilisé.
En termes de réchauffement climatique, en 2005, l’ONU
et la FAO ont estimé que la déforestation serait respon-
sable de 18 à 20 % des émissions de gaz à effet de serre
dans le monde.
La lutte contre le déboisement était l’une des priorités re-
tenues lors du Sommet de la terre de RIO en juin 1992,
mais vite oublié depuis.
De nombreux pays devraient prendre exemple sur la
France, où la surface forestière a connu un creux au mi-
lieu du XIXème siècle, puis a regagné en surface pour re-
trouver le niveau de la fin du Moyen-Age.
La réduction au XIXème des surfaces forestières est due
à la croissance démographique et aux besoins en sur-
face agricole et en bois (chauffage et construction), les
forêts ne représentant plus que 13,6 % de la surface de la
France pour remonter à 28 % actuellement, le niveau du
Moyen-Age.
Actuellement la surface des forêts augmente d’environ
50 000 hectares chaque année, toutefois l’augmentation
n’est pas homogène. Si les zones rurales et montagnardes
connaissance une croissance importante, ce n’est pas le
cas des urbaines.
L’idée que les forêts étaient d’une grande importance,
remonte à Colbert, qui en 1669, sous la forme d’une
Ordonnance, a fixé des règles d’exploitation des forêts,
imposant un effort de reboisement. Et en 1827, face au
recul des zones forestières, en France, l’Etat a adopté le
Code forestier qui est toujours en vigueur. Ainsi, en fonc-
tion des régions, les forêts de plus de 10 ou 25 hectares,
qu’elles soient privées ou publiques dépendent d’une
gestion qui doit avoir l’aval de l’administration.
La France n’est pas le seul à avoir une véritable politique
de gestion de ses forêts, mais trop de pays laisse la défo-
restation sauvage détruire notre planète.