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page 30 - Numéro 396 du 27 mars 2015
Point de vue
Dérèglement climatique et fonte du permafrost
O
n parle souvent des
émissions des gaz à
effet de serre produit
par les activités humaines.
Ces activités provoquent un
dérèglement climatique, qui
peut se constater par des
événements plus important
ou plus fréquent qu’à l’habi-
tude.
Mais, le réchauffement cli-
matique a un effet beau-
coup plus grave, qui pour-
rait avoir des conséquences
climatiques sans commune
mesure avec ce que nous su-
bissons et les spécialistes ne
tablent plus sur une hausse
de 4 degrés d’ici la fin du siècle, mais sur une hausse de 5
à 8 degrés (en moyenne).
Il y a dans le grand nord, au Canada, mais également en
Russie, des sols qui sont gelés depuis la nuit des temps,
que l’on nomme permafrost en anglais ou pergélisol en
français.
Lors d’un air glaciaire dans le passé, la formation du per-
gélisol a piégé des plantes et des animaux, de fait ces
sols gelés enferment d’immenses quantités de carbone
(CO2), mais également méthane (CH4). Florent Dominé,
chercheur au CNRS, a évalué qu »il pourrait y avoir jusqu’à
1 700 milliards de tonnes de carbone dans les sols gelés
de l’Arctique.
La libération de ces puissants gaz à effet de serre viendrait
s’ajouter à la production humaine.
Effectivement, le réchauffement climatique provoque –
déjà - la fonte du pergélisol. Et dans le « moyen nord »
du Canada, la fonte du pergélisol est déjà relativement
avancée.
Le risque est d’entrer dans un cercle vicieux, le début de
la fonte du pergélisol participera à l’augmentation des gaz
à effet de serre, qui provoquera une accélération du ré-
chauffement et qui accélérera la fonte du pergélisol qui
accélérera l’augmentation des gaz à effet de serre... et
ainsi de suite.
Aujourd’hui, il est important que toutes les nations se
mobilisent pour que COP 21, la réunion sur le climat qui
va tenir à Paris à la fin de l’année doit être une réussite. Il
n’est pas important, mais indispensable que des accords
contraignants soient signés par l’ensemble des pays, il y
va de la survie – non pas des humains d’après-demain –
mais ceux qui sont des enfants aujourd’hui.
Et puis, au-delà de ces accords pour réduire nos émis-
sions de gaz à effet de serre, qui probablement réduiront
la vitesse de la fonte du pergélisol, il faut que nous nous
préparions à vivre sur une planète moins accueillante.
Dans les pays victimes de séismes les constructions sont
adaptées et les populations préparées. Faisons de même,
dès aujourd’hui, en ayant des constructions adaptées à
résister à des intempéries de plus en plus violentes.
Enfin, face à des événements climatiques de plus en plus