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page 18 - Numéro 396 du 27 mars 2015
Point de vue
Un temps pour tout
N
e revenons pas sur
l’état des finances des
caisses de retraites, le
problème est réel et il faudra
bien trouver des solutions
pour leur financement.
Inutile de se faire d’illusion,
si notre système de retraite
par répartition pose pro-
blème, celui par capitalisa-
tion n’est pas en meilleure
forme.
Pour obtenir une retraite
qui permettre de vivre dans
de bonnes conditions, il faut
pouvoir cotiser (que ce soit
au bout du compte la répar-
tition ou la capitalisation)
pendant suffisamment long-
temps et avec des montants suffisamment élevés.
Il est illusoire d’imaginer qu’en plaçant 50 euros par mois,
pour compléter sa retraite par répartition, même toute
sa vie, on obtiendra une rente digne de ce nom. A la fois
le montant placé est trop faible et l’espérance de vie, une
fois à la retraite, trop longue.
Les problèmes des actifs sont doubles, à la fois les reve-
nus sont trop faibles et – contrairement au passé – il n’y
a plus de plan de carrière permettant une progression
permanente dans l’entreprise. Bien au contraire, peu de
salariés ont une carrière continue, le risque de périodes
de chômage est une réalité.
Concrètement, au lieu d’avoir une carrière où la rémuné-
ration augmente jusqu’à la retraite, elle à plutôt tendance
à se réduire, les salariés étant – trop souvent – obligés
d’accepter des emplois pour sortir de la spirale du chô-
mage, surtout après 45 ans.
Que ce soit en France ou dans d’autres pays pour faire
face au financement des retraites, on envisage un allon-
gement progressif du nombre d’années de travail pour
obtenir une retraite à taux plein.
Mais, raisonnablement jusqu’à quel âge, peut-on travail-
ler ?
Mettons de côté le problème du chômage et imaginons
que les seniors, même les plus avancés en âge puissent
conserver ou trouver un emploi.
Le premier problème est la force physique. Il est évident
que les métiers manuels, il n’est pas possible de pousser
trop loin l’âge de la retraite.
Bien entendu le vieillissement est moins prononcé au-
jourd’hui et une femme ou un homme d’une soixantaine
d’années est en bien meilleure forme, que les gens des
générations passées, il y a 30 ou 40 ans.
Mais, si un travail physique est envisageable jusqu’à 60 ou
62 ans, 65 ans c’est beaucoup. Au-delà, se serait dange-
reux, pour la personne elle-même qui a moins de force et
des réflexes plus lents. Ce deuxième point, est probable-
ment, le plus important, car un risque aggravé d’accident