RiskAssur-hebdo
- Le magazine professionnel des Risques et des Assurances
page 27 - Numéro 464 du 21 octobre 2016
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Point de vue
Du côté des patients, pour la moitié, la fatigue est un frein
évoqué à la pratique d’une activité physique, suivi par un
manque de courage, pour environ 40 % d’entre eux.
Force est de constater que des principes comme, « il
faut se reposer », ou encore « c’est incompatible avec la
chirurgie et les douleurs » sont encore avancées.
A en croire les données de la littérature scientifique, une
activité physique adaptée, pratiquée de manière régu-
lière permet de limiter les rechutes de 40 %, d’améliorer
la survie de 40 % et de réduire les effets secondaires liés
aux traitements anticancéreux, estime le docteur Thierry
Bouillet, l’un des fondateurs de la Cami.
Pris sous cet angle, le sport peut jouer le rôle d’un vé-
ritable médicament, comme il ressort d’une analyse qui
fait état d’un risque de mortalités réduit de 34 % chez
les femmes atteintes d’un cancer du sein localisé et pra-
tiquants une activité physique suffisamment soutenue et
régulière.
On constate les mêmes effets chez des patients atteints
d’un cancer du côlon, à condition, selon le docteur Thierry
Bouillet d’établir les modalités de prescription, les doses,
les fréquences et l’adaptation du sport à chaque cas.
Autre effet notable, la pratique d’un sport dans les condi-
tions d’adaptation requises contribue, selon lui, à amélio-
rer l’état psychologique des patients en les réconciliant
avec leur corps.
L’idée du sport comme acteur de santé fait son chemin et
figure dans la dernière loi de santé promulguée en début
d’année.
Le texte prévoit la possibilité pour les médecins la possi-
bilité de prescrire une activité physique adaptée pour les
patients atteints de maladies de longue durée, au même
titre que la prise de médicaments.
Il reste à savoir quelle en sera la prise en charge par les
assurances.