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page 34 - Numéro 464 du 21 octobre 2016
Point de vue
La sécheresse imputable
au réchauffement climatique menace les forêts
D
ans une étude publiée le 10 de ce mois-ci dans la
revue américaine PNAS, des chercheurs estiment
pour la première fois, la part prise par l’élévation
des températures dans l’augmentation récente de fré-
quence et d’intensité des incendies dans le Grand Ouest
américain.
Ainsi, en Californie, en juin et en juillet dernier, les incen-
dies ont provoqué des évacuations de près de 90 000 per-
sonnes, au point de se demander s’il existe un lien avec le
changement climatique, au point d’orienter les réflexions
des chercheurs.
En suivant cette piste, leurs conclusions sont éloquentes,
selon eux, au cours des trente dernières années, le ré-
chauffement aurait été le principal contributeur à l’aug-
mentation, des superficies forestières détruites aux Etats-
Unis par le feu.
Selon cette étude, la hausse des températures serait res-
ponsable d’un doublement de la superficie de forêts brû-
lées depuis 1984, soit l’équivalent de 40 000 km2.
Ils ajoutent que ces sinistres se sont produits malgré les
efforts considérables des pouvoirs publics en faveur de
la lutte contre les incendies, à laquelle ils ont consacré 2
milliards de dollars.
Les auteurs mettent en avant, au titre des causes des
incendies, la contribution du réchauffement climatique,
la sécheresse et l’allongement de la saison à risque dans
l’année.
Les variations de ces paramètres au cours de la période
étudiée permettent d’expliquer la grande majorité de la
tendance observée.
En réalité, les auteurs ont probablement, de leur propre
aveu, sous-estimé, faute de recul, la contribution du
changement climatique aux feux de forêts.
En particulier, leur étude n’a pas tenu compte des insectes
xylophages qui, grâce à l’augmentation des températures
peuvent s’installer à des latitudes plus hautes.
L’augmentation de la mortalité des arbres due à ces ra-
vageurs conduits à des accumulations de bois secs, favo-
rables aux départs de feu.